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| | Petite âme en peine ... Qui secoue ses chaînes ... [With Eden] | |
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Comte Caïn Admin -> Prince des Poisons

Inscrit le : 03 Mai 2008 Messages : 291 Age du perso : 21 ans Traits de Caractère : Vous le découvrirez bien assez tôt .... Humeur : Il cherche, et veut s'amuser à sa façon ... Feuille de personnage Petit(e) ami(e): Juste trouver ce qui nous uniera ... Ami(e)s/Ennemi(e)s:
| Sujet: Petite âme en peine ... Qui secoue ses chaînes ... [With Eden] Lun 30 Juin - 17:40 | |
| Un vampire n’a pas de reflet. Selon les dires de la masse. Et pourtant, qui peut prétendre avoir déjà vu cette créature sanguinaire se mirer dans une glace ? Qui peut prétendre avoir déjà vu un vampire contempler son image ? Ou au moins tenter de …? Balivernes. Ils sont bien plus discrets, bien plus malins que ce que l’on peut penser, et que ce que l’on peut en dire.
En effet, Caïn ne se reflète pas dans un miroir, mais ce n’est pas ce fait qui l’empêche de faire visiter la salle aux horloges et aux miroirs à ses invités, et en personne. Puisqu’eux, ils voient le reflet du jeune Comte. Simple illusion. Les vampires acquièrent beaucoup de capacités au fil de leur évolution, assez diverses, souvent rependues chez tout les sujets de cette race, parfois propres à un seul individu. L’ « illusion » fait partie des capacité « générales ». Un vampire est en quelque sorte un magicien … Alors lorsque vous ne voyez pas le reflet de messire vampire, vous signez inconsciemment votre acte de mort. Soit l’illusion n’a pas fonctionnée -alors peut-être avez-vous été plus malin, j’en doute- et dans ce cas, le témoin de la non-présence de reflet doit être éliminé, soit c’est une « farce » et vous mourrez anémié, en digne sujet de l’assouvissement des désirs sanguinaires d’une créature de l’enfer. Quoi qu’il en soit, le jeune homme n’avait presque aucun pouvoir défaillant et il possédait pratiquement tout ceux qu’il devrait acquérir dans sa non-vie. Mais ils ne seront pas cités dès à présent, préservons encore un peu le mystère …
La salle aux horloges, salle aux miroirs est une bien jolie pièce. C’est l’une des plus étrange -et inutile ?- qu’il est permis de faire visiter aux invités. Des centaines de miroirs de toutes les tailles possibles étaient encastrés dans le mur, le sol et le plafond si bien que l’on ne pouvait plus apercevoir ne serait-ce qu’un centimètre de la pierre grise rugueuse dans laquelle était bâtie le Manoir. Et posé sur le sol, à intervalles irréguliers, de hautes pendules dispensaient leur sonores tic-tac dans une cacophonie à réveiller les morts. Les horloges accrochés -par on ne savait quelle magie- aux miroirs, balançaient leurs pendules en un mouvement hypnotique. Il en allait de même pour le haut plafond. Tout ces reflets se projetant à l’infini, tout ces tic-tacs sourds, semblaient rendre fou quiconque y resterait trop longtemps. Cette pièce était pour Lord Caïn l’une de celles, construites par un de ces ancêtres, la plus en reflet à la Malédiction. Il se sentait oppressé en ce lieu. Regarder dans le miroir une salle déserte alors que l’on s’y trouve, quoi de plus déroutant ? Il s’y était cependant habitué. Il préférait y demeurer seul car, il était épuisant de projeter dans l’esprit de plusieurs personnes l’illusion d’un reflet infini. D’autant plus que certaines d’entre-elles avaient l’esprit et le regard plus aiguisés que d’ordinaire. Il lui fallait ne pas relâcher son attention, il lui fallait faire rapidement et distraire ses invités. Epuisant réellement. Il n’avait pourtant pas beaucoup le loisir de dormir. La journée, il faut s’occuper de tout-le-monde, la nuit, il est vampire, simplement.
Il est seul. Même pas la compagnie de son reflet. Il a bien compris que son âme lui a été volée. Par … qui ? L’homme ? Le diable ? A moins qu’ils ne fassent qu’un … Sans la compagnie de son âme alors … ? Elle, elle est … dans le même cas. Oui, il le sait. Elle lui en veut. Mais qui ne lui en veut pas ? Haït de la Terre entière ? Non, c’est une pensée prétentieuse. Alors haït de toute ses connaissances ? Oui, presque. Sauf de … Cassinelle. Cassinelle est son contraire, elle est une âme, immatérielle. Elle est son sang, sa chaire, fraternelle, à présent, elle peut remplacer l’âme qu’il n’a plus. Simplement. Assis dos à une horloge de bois massif, presque au centre de la pièce, Caïn médite, ses pensées ne sont pas plus sombre qu’habituellement. Alors, en un souffle, s’échappe de ses lèvres, petite mélodie :
- Fantôme … Petite âme en peine … Qui secoue ses chaînes … L’onde est son royaume … Plaignez le fantôme … _________________
Je veux encOre une fOis une histOire avec tOi Moi je veux encOre une fOis m'enfermer sur tOi M'inciter à bOuger à caresser nOs jOies Attiser tOn feu Là Où tu le veux ... ______ Et j'explOre et je déflOre le hard cOre. 
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 Inscrit le : 26 Juin 2008 Messages : 165 Age du perso : 800000000 ans ! Traits de Caractère : Chiant... uhuhuh Humeur : Muassade [ Owi j'adore ce mot °w° ] Feuille de personnage Petit(e) ami(e): Moi même ♥ Ami(e)s/Ennemi(e)s:
| Sujet: Re: Petite âme en peine ... Qui secoue ses chaînes ... [With Eden] Mer 2 Juil - 14:57 | |
| [ Bon je ne vous promets pas de faire mieux que la dernière fois... Pardonnez-moi je n'ai pas encore fait mon deuil =') ]
Lorsqu'on a perdu toutes ses illusions, il reste encore à perdre l'illusion suprême qui est de se croire sans illusions.
Une âme. Simple morceau illusoire qui nous attache à la vie. La vie... La vie nous est ôtée comme on ouvre une porte. La porte du paradis, ou la porte des enfers. On dit ça, on dit ça... Mais sait-on vraiment si l'enfer et le paradis existe ? Si ce n'est que notre âme s'envole vers les cieux. Les âmes meurtries restent. Elles restent, car elles ont encore quelque chose à faire dans ce monde. Esprits vengeurs, esprits « aideurs ». Cela n'existe pas. Si l'âme reste c'est qu'elle ne peut faire autrement. Sois par peur d'être seul là-haut, sois par haine et vengeance. On ne distingue en aucun cas plusieurs types d'âmes. Elles ont toutes été arrachées à leur corps d'origine et lâché dans la nature. Mais, une « âme », qu'est-ce que c'est ? Tout humain né avec une âme, et meurs sans. Une âme c'est la vie, sans âme nous ne sommes qu'un corps sans vie. Et si le corps qui va avec l'âme meurs, l'âme peut toujours vivre dans un autre corps, même s'il ne lui appartient pas. On pourrait croire que c'est illusoire de se dire qu'une âme peut vivre sans son corps, mais beaucoup d'âmes en ont fait l'expérience. Et si l'âme des enfants morts n'étaient pas celles qui appartiennent à leurs propres corps ? Si l'âme fantomatique d'un homme se trouver coincé dans un corps de gamin ? Cela est sans doute impossible, mais certains y croient encore. D'ailleurs par « âme fantomatique », on prétend surtout que l'âme est devenue fantôme. Donc qu'elle est morte. Et si on revient plus haut, un corps sans âme est un corps mort... Donc une âme morte n'est plus une « âme ». Pour faire plus simple, si le corps meurt, l'âme meurt avec. Alors les fantômes défieraient les lois physiques, puisqu'un fantôme est bel et bien une âme errante... Une âme qui n'a pas fini son « rôle » sur Terre. Une âme qui a encore quelque chose à accomplir avant d'atteindre les cieux. Et si tout ceci était faux ? Si un fantôme décidait de revenir sur Terre seulement pour des raisons qui lui sont propres ? Ne serait-ce pas dangereux d'avoir le fantôme d'un gamin intellectuel revenu seulement pour se venger de la terre entière ? Peut-être risible, après tout, ce n'est qu'un enfant...
Débris immature de la société, les enfants sont l'innocence. Les enfants sont insouciants, se basant sur le modèle imparfaits de leurs parents... Et si les enfants n'étaient plus comme ça ? Si un enfant qui a vécu un « enfer » pédagogique ne réagissait pas comme ça ? Petit être emprisonné dans un corps d'enfant, mais un esprit d'adulte ancré dans la tête... Croyant voir toute la misère du monde sur ses épaules, quitte à s'inventer des symptômes de dépression pour se faire un peu plus remarqué. Pathétique est d'y croire, mais encore fallait-il que l'acteur lui-même y croit. Et ce n'était jamais le cas... Plus capable d'y croire lui-même, l'enfant restait là. Il regardait le monde se détruire sous ses yeux, sourire machiavélique gravé sur le visage, les yeux, le corps et le coeur... La vengeance était son seul mot d'ordre...
Et si les enfants n'étaient que des démons vengeurs enfermés dans un corps frêle pour se jouer des humains ? Le jeune gamin que l'on voit là n'est donc pas en train de faire semblant d'errer... Flottant à demi-conscient, entre la vie et la mort, l'enfant trainait les chaînes de la haine derrière lui. Comme si toutes les peines du monde s'accrochaient à ses chaînes, il gémissait à chaque pas, trainant un fardeau plus lourd encore. Et il se tarissait d'éloge pour faire croire qu'il n'est pas qu'une loque, une âme sans corps, une âme sans coeur et sans but... Privé d'enfance, il ne sait que rêver d'un monde où lui seul déciderait. Utopie folle, démence utopique...
Et alors ? N'a-t-il plus le droit de rêver ce pauvre enfant ? Ses épaules cadavériques ne seraient-elles plus assez solide pour supporter toute cette haine et ce désespoir ? Peut-être après tout n'est-il qu'une âme en peine, cherchant juste un peu de compassion. Oui... Il ne cherche que de la compassion. Il aimerait qu'on le comprenne, qu'on l'aide aussi un peu. Mais étant fou et méfiant, il déclinera toute demande, croisant son propre fantôme dans la glace... Des glaces... Reflet personnifié de sa petite « personne ». Les miroirs ne reflètent que l'âme, la partie « bénéfique » de l'esprit. C'est pour cela que son reflet n'est jamais présent lorsqu'il se poste devant ce verre luisant. S'il fallait se justifier, il utiliserait le mot : impossibilité. L'impossible est d'or, il est lui-même victime de l'impossible. Etrange, et pourtant vrai... Prostré devant cette porte, incapable de l'ouvrir, le gamin hésite... Pourquoi ?
* Quiconque hésite est déjà un être moral. *
N'étant ni moral, ni un être à proprement parler, simplement pousser par la curiosité enfantine - presque infantile ? - il se résigna à attendre plus longtemps, il devait découvrir, imaginer, rêver, créer, détruire...
L'éclat vifs des miroirs et les tics tacs assonants des horloges le firent voyager pendant quelques secondes. Bile prêt de la gorge, il avança lentement, pousser par le désir de continuer même si un stupide mal de crâne vînt pointer le bout fragile de son nez. Un gamin d'un tel gabarit ce serait déjà écrouler sous la puissance de cette douleur, mais lui continuait. Poussé... Poussé par quoi ? Le désir de rencontrer quelqu'un qui le comprendrait peut-être ? Sans aucun doute non... Petite voix fluette dans son esprit annonçant qu'il n'était pas seul, le gamin tourna vivement sa tête. Douleur atroce qui frappe dans ses tympans, il se prit la tête entre les mains avant de l'apercevoir. Lui, l'homme qui était devant lui. Etait-ce lui qui lui provoquer ce mal de crâne insoutenable ? Le fait de pointer ses yeux noirs dans les siens lui provoquer des hauts le coeur. Et s'il était mort lui aussi ? Ce ne pouvait pas être un fantôme, les fantômes n'avaient pas ce...charme ? Il l'attirait et pourtant le dégoûtait. Il le trouvait aussi répugnant que charmant. Il aurait voulu le toucher, juste un instant... Jusqu'à ce que ce mal de crâne devînt insoutenable... Il s'écrasa lourdement sur le sol, incapable de flotter. La sueur roulante sur son front pâle, il s'efforça de calmer les tremblements de ses membres instables. Lueur affolé de ses yeux sombres, il se mit à réfléchir le souffle court . Il ne se sentait pas l'audace de lui demander son nom. Encore moins celui de décliner son identité... S'il restait prostré là, qu'est-ce qu'il ferait ? Rien sans doute... Enfin calmé, la douleur disparue rapidement. Il ne tremblait plus... Il pouvait à nouveau faire semblant...
Avec candeur, un sourire malicieusement délavé étira ses lèvres pales. Il fit un pas de plus. Il était maintenant sûr de lui, ce bonhomme n'était pas aussi répugnant que tout à l'heure. Il lui prit même l'envie de le toucher... Mais il n'en fit rien. Son sourire malicieux disparu, écrasé par un autre, beaucoup plus effrayant. Ses yeux sombres fixaient le jeune homme, il n'avait pas encore commencé à s'amuser...
« Dîte-moi, vous n'êtes pas encore mort, n'est-ce pas ? »
Voix effrayante... Ce n'était pas celle d'un gamin d'une dizaine d'années. Plutôt celle d'un homme qui portait en lui toute la haine de l'être humain. Sans lâcher des yeux le Comte, le gamin étira toujours plus ses lèvres. Comme ce jeu était drôle... _________________
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| Sujet: Re: Petite âme en peine ... Qui secoue ses chaînes ... [With Eden] Ven 4 Juil - 15:21 | |
| [Au son des 7000 Danses D'une Décadence Un Monde entier va Exploser ...]
Quelle était cette étrange petite chose … ? La taille d’un enfant, un visage innocent et pourtant, l’aura malsaine d’une créature vengeresse. Il ne l’avait pas entendu –ni vu- entrer, mais avec les tic-tacs assourdissants des horloges et le mélo de ses pensées, ce n’était guère étonnant. Cependant, il y avait réellement quelque chose d’anormal dans la façon de se mouvoir de l’enfant. Il semblait flotter légèrement au-dessus du sol, mais en même temps être plus lourd que l’air et ne parvenant à supporter son poids. Comment cela était-il possible ? Après tout, comme le dit le proverbe, rien n’est impossible, très certainement. Il défiait simplement les lois de la gravité, tout comme les vampire, tout comme lui, parfois. Cela créait une atmosphère chargée d’étincelles, à peine supportable et qui, malgré la distance les séparant, lui conféra un violent mal de tête. Bien qu’il soit malheureusement habitué à de telles souffrances. Rien ne paru sur son visage. Mais étrangement, l’enfant semblait vivre les mêmes douleurs en cet instant, victime des mêmes maux. Les mêmes maux … ? Interpellé. Ce n’était pas seulement la douleur leur transcendant le crâne –bien qu’elle ne soit certainement pas différente- il y avait … autre chose.
L’âme.
L’enfant n’était rien d’autre qu’une âme. Caïn avait perdue la sienne. Contraste qu’il percevait de cette manière. Une âme, c’était le terme utilisé pour désigner la substance spirituelle d’un individu, en quelques sortes. Par spirituel, en sous-entend bien-sûr organique, ce qui fait vivre, ce qui fait l’essence même d’un être. Ce qui fait de celui-ci un être vivant à part entière. Ni l’un ni l’autre ne l’était. En étant le contraire, ils étaient semblables. Comme un clair-obscur, mais à eux deux il ne faisait qu’un. Il le sentait, il le savait, son sixième sens était en éveil. L’enfant-fantôme sentait-il ce « lien » ? Lui l’avait déjà ressenti avec Cassinelle, en bien plus fort cependant. Car elle était une Satalin Leviluke, sœur de sang. Dans son esprit -car l’esprit est différent de l’âme- Caïn superposa à l’image de Cassinelle celle de l’apparition précédente. Deux âmes errantes très différentes. Cassinelle, pure, élégante, incarnation de l’innocence enfantine. De plus, elle était du sexe féminin. Quant à ce fantôme, il semblait tout droit remonté de l’Enfer, comme si là-bas, on eu plus voulu de lui, impur … Le jeune homme le vit s’écrouler au sol sous le poids de ce qui paraissait être une intense douleur. Tout comme cette douleur lui martelait le crâne jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus, jusqu’à ce qu’il se sentit près à exploser. Il serra les dents comme il l’avait toujours fait. Il avait supporté pire. Mais peut-être cette souffrance atteint-elle l’insupportable, à un point tel qu’il ne la sentit plus … Ou bien peut-être s’était-elle simplement évanouie en même temps que le petit être se relevait. Ô combien il était étrange de voir un fantôme s’affaisser et souffrir … Mystère … Et puis, quelque chose d’autre l’interpellait. Un fantôme se reflète-t-il dans un miroir ? Celui-ci semblait également braver les lois humaines. Aucun reflet. Deux non-être. Probablement fallait-il être composé de chair et d’âme. Ou peut-être fallait-il que l’âme posséda au moins une infime part de pureté … L’être humain, l’être animal, l’être hybride, aussi vil soit-il possède forcément une part de bonté en lui. Même si elle est rongée par le Mal.
Il n’avait pas eu peur en voyant le fantôme. Il n’avait plus peur. Caïn n’est pas mortel, au moins tant qu’il saura se protéger.
Un sourire apparu et déforma le petit visage délavé. Emplit de haine, nourrit de vengeance, torturé de souffrance. Il était effrayant, pas pour le jeune Comte. Pas qu’il ne connu pas la peur, bien au contraire. Il y avait tant de choses à redouter, mais également tant qu’il se devait de ne pas craindre. Il avait déjà vu ces non-être, un pour être précis, et ils ne pouvaient se faire de mal mutuellement, lui et l’autre. C’est alors que Caïn entendit une question assez déroutante provenant de … qui ? Ce ne pouvait être l’enfant … Et pourtant c’était le cas. Une voix grave et profonde, pas celle à laquelle on pouvait s’attendre. Il répondrait de sa voix tranquille.
- Mais toi en revanche, tu l’es.
Ce n’était pas une réponse directe à la question. Mais c’était volontaire. Juste une petite pique, tester la réaction de son interlocuteur. Et toujours cet air lui trottant dans la tête. Cette petite âme en peine ... qui secoue ses chaînes … Eden ... _________________
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| Sujet: Re: Petite âme en peine ... Qui secoue ses chaînes ... [With Eden] Lun 7 Juil - 16:39 | |
| La volonté ne peut rien sans l'espoir. L'amour sans l'espoir devient une chose morte.
L'espoir... Graine fertile de l'esprit, le gamin l'avait perdu depuis bien longtemps. L'espoir qu'un jour il pourrait trouver ce qui lui avait manqué lors de sa première vie. De toute façon, toute une vie ne lui aurait pas suffit pour être heureux, le fantôme était devenu bien trop exigent maintenant. La mort ne lui avait pas réussi, plus vil, plus meprisant, et plus corrompu encore qu'il ne l'avait été... Dangereux ? Oui, un peu. Mais avant, il savait au moins s'accorder du répits, être avec les gens qu'il appreciait ne serait-ce qu'un peu. Aujourd'hui, il n'apprécie personne, il méprise tous les humains, et plus encore. Enfermé dans une haine profonde, il faudrait bien plus que le simple bonheur pour l'en déloger. De plus, d'après lui, le « bonheur » n'existe pas. Qu'est-ce que c'est ? Des moments plaisant qu'on passe ou non avec ses proches, des illusions qu'on se crée pour ne pas penser que notre vie est misérable et ne vaut pas le coup d'être vécu. Alors, le bonheur est illusion, on ne vit que dans le malheur, ou dans la misère. L'être humain se croit supérieur aux animaux car il est « civilisé ». Mais la colonie de fourmis n'est-elle pas aussi civilisé que lui ? Et la ruche, dont l'organisation dépasse le cadre même de l'entreprise et de l'employé payer des millions. Tout cela, l'Homme ne voit pas. Alors c'est lui le plus puissant, c'est lui le meilleur... C'est lui le Maître... Et l'Homme s'enfonce cela dans la crâne, l'enfonce à ses enfants, et ses enfants l'enfonceront dans le crâne de leurs propres enfants, et ainsi de suite. Jusqu'à ce que la génération s'étouffe, et se révolte. On ne sera pas surpris de la fin du monde, ou du règne animal. Après tout, nous ne sommes pas l'intelligence la plus développé au monde... Les dauphins sont, d'après des expériences dîtes scientifiques, aussi intelligent que l'être humain, et les primates aussi... Mais ce ne sont que des dires scientifiques... On ne croit pas à la science de nos jours.
De nos jours... On se base plus sur la psychologie. On essaie de comprendre l'Homme et ses uns. Mais personne ne peut, personne ne sait... Alors le gamin haïs ce système d'ignorant. Lui sait tout, son père lui a tout appris. Lui sait tout et même plus. Il ne croit que ce qu'il voit, il ne voit que ce qu'il croit... Alors il ne croit pas à la vie après la mort. Mais pourtant, c'est bien ce qu'il vit en ce moment. Ou alors il n'est pas « vivant ». Il est bien mort oui, ça c'est sûr. C'est lui-même qui s'est donné la mort... Mais est-il vraiment vivant ? Peut-être pas. Et c'est sans doute mieux comme cela. Revivre à nouveau l'aurais sans aucun doute dérangé. Il serait devenu un peu plus fou encore. La mort rend fou, la vie encore plus...
« Mais toi en revanche, tu l'es. »
Le gamin releva la tête. Il ne savait décrire ce qu'il ressentit quand son regard sombre se planta dans les yeux gris du Comte. Il se sentait... Presque apaisé. Et en un instant il détourna les yeux. Il ne pouvait pas se laisser avoir par son visage. Il était sans doute d'une beauté à faire peur, mais il ne pouvait pas tomber dans le panneau. Cet homme le répugnait, tout autant qu'il lui semblait indispensable de l'aimer... Mais le gamin ne peut pas aimer, il ne sait plus aimer... Et ce n'est pas lui qui lui fera changer d'avis. Il faisait exprès de le tester. Juste parce que c'était un Homme. Il était aussi vil qu'eux. Il profitait de lui... Et en un instant, le visage pale du gamin se referma. Il se crispa de haine, et ses yeux devinrent sombre, méprisant... Méprisant pour cet homme qui, il y a quelques instants, avait osé essayer d'essuyer sa haine de ses yeux perles... Il ne pouvait pas le laisser faire, et pourtant, il le suppliait de continuer. Alors, le visage fermé, traits de désespoir infiniment froid, il s'avança vers le Comte. Il leva un bras blanc, et un sourire presque sadique se glissa sur ses lèvres roses pâles. Il enfonça son bras dans le ventre du Comte, enfin, son bras ne fit que « traverser » son corps, sans aucune douleur, sans même qu'il ne sente quelque chose. Un rire enfantin, glas de tristesse, sortis du fin fond de sa gorge sonna faux, même à ses oreilles. Et d'une même voix, faussement infantile, il lança :
« Les vivants savent-ils faire ça ? »
En effet... Les vivants n'ont pas le pouvoir de traverser les objets... Lui le pouvait. Mais ce n'était pas un pouvoir qu'il affectionnait. Puisqu'à par effrayer, cela ne sert pas à grand-chose... Il fallait avouer que le gamin aimer effrayer. Même sans ce pouvoir, il était effrayé. Le simple fait de révulser ses yeux fait peur à tous... Pathétique ces humains, il ne les haïssait pas pour rien...
Il retira vivement son bras, comme s'il voulait arracher le semblant de vie qu'il restait au Comte... Il ne savait plus ce qu'il devait penser de cet étrange personnage. Il ne l'aimait pas, il ne le détestait pas... En même temps qu'il l'attirait, il le répugnait de par sa beauté, et ses grands airs. Et pourtant, il aurait voulu savoir plus de lui. D'un geste innocent, il posa ses deux mains mortes sur les joues chaudes du Comte, puis il lui sourit. Innocemment... Ses yeux suppliaient au gamin de retirer ses mains, quitte à tuer cet homme, il fallait qu'il se ressaisisse. Il n'était pas là pour être gentil... Il était vil, et méchant... Haineux, et méprisant... Une de ses mains s'attarda sur la cicatrice qu'il portait sous l'oeil. Il s'interrogeait sur sa signification. Lui-même avait de nombreuse cicatrice, mais celle-ci semblait... Etrangement belle. Il la désigna d'un doigt livide et lança d'un ton aussi interrogateur qu'immature :
« Qu'est-ce que c'est ? »
Eprouvé la moindre curiosité pour un être de chair et de sang... Il y a de là cinq minutes, Eden aurait été hilare de penser qu'il pouvait être curieux à l'égard d'un humain. Mais sa nature insouciante avait pris le dessus. Il y avait sans doute « deux » personne dans son petit corps enfantin. Deux personnes qui luttaient pour avoir le dessus sur ce corps. Un coup c'était une personne tout droit sorti de l'Enfer, un coup c'était une personne pure, âme d'enfant... Un peu comme s'il était « possédé » par une âme maléfique qui prenait le plus souvent le dessus sur son propre corps, le gamin était perdu... Irréfutablement, c'était de la faute de son père... C'est à lui qu'Eden attribuer toutes ses blessures psychiques et psychologique... Les blessures physiques ? Elles venaient de lui... _________________
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| Sujet: Re: Petite âme en peine ... Qui secoue ses chaînes ... [With Eden] Dim 13 Juil - 16:17 | |
| [Et moi, je ne sais pas ce que mes pensées pensent. Jammes.]
Illusion du bonheur ? Oui, chaque homme a une vision particulière du bien-être, sa propre conception, un idéal de vie. En bref, chaque homme cherche le bonheur, et surtout, cherche à l’obtenir, par n’importe quels moyens. Et s’il n’est pas capable de l’atteindre, alors il peut s’imaginer le vivre. Pathétique ? Humain plutôt. N’est-il pas étonnant de parvenir, malgré les épreuves, à travers le malheur, à vivre en étant heureux simplement, même si ce bonheur n’est qu’un voile au visage ? Car le rêve et l’imagination sont le propre de la race humaine. Contrairement à l’animal, l’humain n’est pas « fini psychologiquement » et ne cesse d’évoluer. Alors lorsqu’il n’évoluera plus, il n’aura plus de raisons d’être. Et c’est ce qui fait sa beauté. Quoi que l’on dise, quoi que l’on pense, il n’est jamais un être entièrement vil et méprisable mais un être aux multiples facettes. Capable du pire comme du meilleur. Capable de création, de rêve capable de modeler son propre bonheur, même si celui-ci n’est que faux-semblants, capable d’être heureux, même dans l’adversité. Tout est création de l’esprit. Le bien, le mal. La pensée sans quoi l’on ne serait qu’animal, la parole mais surtout, les sentiments qui font de nous ce que l’on est. Et soyons-en fier ! L’organisation de la ruche, de la fourmilière n’est qu’une mécanique de survie, tout comme l’organisation de la société humaine. Alors est-ce bien cela qu’il faut prendre en compte ? A quoi se mesure l’intelligence ? Une comparaison entre espèce humaine, animale et végétale est inutile. Elle ne peut s’effectuer, justement parce qu’elles sont trop différentes. Que sait-on à la fin ? Que prétend connaître la science ? Elle se veut juste et défenseur des autres espèces vivantes, comparant ce qui ne doit pas être comparable et au final, en tirant des conclusions, elle se rend supérieure et hautaine, car elle seule peut juger. Que sait-elle ? On ne sait rien de plus que ce qui se trouve dans notre tête d’humain. Et l’on en sait parfois moins. Alors pourquoi chercher plus loin ? Etre humain. A la fois représentant du bien et du mal. Pourquoi persister à ne trouver à cet être que des défauts ? S’il n’est pas toujours animé des meilleurs sentiments, il fait de son mieux pour vivre en société et pour s’adapter.
Car rien n’est jamais tout blanc ou tout noir.
Il se haïssait lorsqu’il pensait ainsi. C’était faiblesse que d’accorder de l’empathie à ces races. Faiblesse puisqu’il en fait partie. Mais il sait qu’il na pas tout-à-fait tort. Il sait qu’il est bien plus simple de mépriser la différence. Pour mépriser avec justesse, il faudrait avoir été créé dans la perfection. Pour prétendre à la critique, il faudrait avant tout ne pas avoir à en être sujet. Mais si le monde est perfection, à quoi bon … vivre ? Question … futile peut-être. Néanmoins, on se la pose au moins une fois, bien que le monde soit gris. Equilibre entre le bien et le mal. Volonté. Persévérance. Afin d’atteindre son idéal. Et s’il est atteint, nous rejoindrons ce que nous avons toujours souhaité au fond de nous. Ce que nous ne savons pas encore mais qui nous sera révélé le moment venu. Si nous atteignons notre idéal, il ne sera plus nécessaire de se réincarner et alors, nous montrons au cieux.
°Si ta main entraîne ta chute, coupe-là Si ton pied entraîne ta chute, coupe-le Si ton œil entraîne ta chute, arrache-le Mieux vaut que tu entres borgne dans le royaume de Dieu Que d’être jeté avec tes deux yeux dans la Géhenne. Si tu ne veux pas être jeté dans la Géhenne …°
Alors arrache-moi le cœur. Et rends-moi mon âme. Car jamais rien n’est tout blanc ou tout noir.
Il faisait sombre. La jolie silhouette translucide de l’enfant éclairait la pièce d’une étrange lumière blafarde. C’était agréablement apaisant, douce lumière. Mais ce qui le fut moins, ce fut lorsque prit d’un accès de … colère ? … il lança de toutes ses forces -de ce qu’en ressenti Caïn- son bras à travers son corps. Impulsion. Ca n’était pourtant pas très douloureux. Ou plutôt, ce n’était pas une douleur physique. A travers ce contact, c’est la souffrance psychologique du petit être qui le pénétra. Probablement involontairement révélateur, ce geste permis à Caïn de ressentir cette âme en peine. Et celle-ci ne s’en était sans doute pas aperçu. Les animaux ont un sixième sens, les vampires aussi. Il ne laisserait rien paraître de ses sentiments, encore une fois. Regard de glace, aussi neutre que la pierre. Insensible, il aimerait l’être. A la manière d’un animal, à la manière d’un brin d’herbe. Ou pas. Peut-être qu’il ne veut pas et qu’il aimerait être heureux juste une fois. Peut-être qu’après tout, quelque chose le lie encore à la vie … Satine ou Cassinelle ? Il pourrait mettre fin à ses jours pour l’amour et au soulagement de la première. Il pourrait mettre fin à ses jours pour rejoindre la seconde. Ou il pourrait rester en vie pour assouvir sa soif de vengeance. Venger le sang maudit. Et plus que tout, venger cet homme, celui pour lequel il ne se passe pas un instant sans qu’il ne souhaita sa mort, la haine lui brûlant l’abdomen en une boule de feu dévastatrice. Car il a la certitude que celui-ci traîne encore sa misérable non-vie en ce bas monde.
Les spectres sont vraiment étranges et parlent d’une façon mystérieuse, formulant leur phrase comme on n’oserait le faire de peur de paraître insensé. Ce soi-disant politiquement correct qui empêche tout un chacun d’affirmer sa personnalité. Parce qu’il faut pouvoir entrer dans un certain moule. Cependant, eux, ils gardent toute leur prestance et leur parler est majestueux. Il lui était agréable de les écouter. Comme un murmure se berçant au creux de son oreille. Et peu importait l’intonation, à lui, elles lui paraissait toujours réconfortantes. Consolant ses blessures, le vague à l’âme. Consolant sa soif de vengeance qu’il ne peut apaiser. Oui, là était le grand pouvoir des fantômes sur les vampires. Les consolant de la mort qu’ils ne peuvent trouver. Apaisé. Il n’avait jamais réellement connu un tel sentiment auparavant et pour ça, il leur vouait une profonde reconnaissance. Peut-être les fantômes le ressentaient-ils ? Il n’en aurait pas mis sa main au feu mais peu importait. Ses yeux glacials ne brilleraient pas. Et le regard du diamant du fantôme a le même éclat que ses yeux. Regard de diamant, beau et pur. Froid et dur. Sans vie. Effrayant, pas pour lui. Car à travers les yeux de l’enfant, c’est lui-même qu’il voit.
Changement. L’enfant n’était plus cet être malsain qu’il laissait paraître il y a quelques instants. Les enfants ne sont pas mauvais, ils le deviennent.
« Qu'est-ce que c'est ? »
Léger souffle d’air produit par une pression des doigts fantomatiques sur son tatouage. Car il préférait ne pas l’appeler cicatrice, même si c’était en quelque sorte un mélange des deux. Ton enfantin. Question enfantine à laquelle il ne répondra pas. Parce qu’il ne l’a dit à personne, parce que ça aussi c’est un « secret ». Parce qu’il ne peut pas accorder sa confiance, qu’il ne l’a jamais pu. Parce qu’il se haït, comme il haït son père. Comme il haït son existence et ce monde. Parce que lorsqu’il pense à tout ça, il a envie de pleurer. Parce qu’il haït cette faiblesse. Il voulait … le toucher, rien qu’une fois au moins. Et pour ça, il fallait qu’il transforme sa matière. Vampire. Il fallait qu’il transforme sa matière juste assez pour que ses geste soient brume. Juste assez pour que cette brume glaciale rencontre la matière spirituelle dont était fait l’enfant. Caïn avança sa main. Celle-ci n’avait plus que des contours flous et était de la même consistance que le brouillard. Froide et vaporeuse. Le reste de sa personne était devenue légèrement plus terne. Car même s’il l’empêchait, la fumée vaporeuse se propageait toujours un minimum.
Contact.
Il aurait frissonné s’il avait été chair. C’était à son tour de communiquer, à sa façon. Ce ne serait pas brutal. Il donna sa réponse à la provocation quant à ce que savait faire ou non les êtres vivants.
- Mais je peux faire ça …
Comme c’était agréable. Sensation de deux souffles d’air se rencontrant pour ne former qu’un. Doucement, un sourire apparut sur le visage maintenant presque « fantomatique » du vampire. Il aurait aimé fermé les yeux et être entièrement brume, ne faire plus qu’un avec l’atmosphère. Car au contact du spectre, il avait beaucoup moins de difficultés à rester dans cet état.
Parce que ne peut être heureux qui a réellement envie de l’être. N’entends-tu pas ce soir chanter le chant des Morts ? Ne vois-tu pas le Ciel à la portée des doigts ? _________________
Je veux encOre une fOis une histOire avec tOi Moi je veux encOre une fOis m'enfermer sur tOi M'inciter à bOuger à caresser nOs jOies Attiser tOn feu Là Où tu le veux ... ______ Et j'explOre et je déflOre le hard cOre. 
Dernière édition par Comte Caïn le Lun 18 Aoû - 17:55, édité 1 fois |
|  | | Eden Einstein Insupportable Petit Fantôme ♥

 Inscrit le : 26 Juin 2008 Messages : 165 Age du perso : 800000000 ans ! Traits de Caractère : Chiant... uhuhuh Humeur : Muassade [ Owi j'adore ce mot °w° ] Feuille de personnage Petit(e) ami(e): Moi même ♥ Ami(e)s/Ennemi(e)s:
| Sujet: Re: Petite âme en peine ... Qui secoue ses chaînes ... [With Eden] Jeu 24 Juil - 19:34 | |
| [ Pardon pour l'attente suprême admin U__U ]
Un piano doit être un ami, c'est-à-dire un confident qui essuie nos rages..
Et si le bonheur n'existait pas ? Et si on s'étouffait dans l'illusion qu'il existait un mot capable de définir le vrai bien-être, le vrai plaisir ? Et si finalement tout cela n'était que délire et hallucination, qu'est-ce que cela changerait-il ? Pas grand chose pour lui, pour Eden, pour le simple fantôme funeste et esseulé. Puisqu'il n'avait pas souhaité prendre de ticket pour le paradis, il se retrouvait au porte de l'Enfer, condamné à errer sans but, histoire d'en trouve un, un but... [ Non, non, pas le magasin But dans la filière Carrefour ] Et comme si cela n'avait pas suffit, il fallait qu'il se retrouve bloquer dans un stupide manoir qu'il n'avait jamais connu et même s'il semblait le connaître depuis toujours, et bien plus encore, il s'y perdait à chacune de ses errance, nocturne ou pas... Et pour assujettir encore plus le gamin démembrés, on l'obligeait à faire la rencontre d'un personnage qui le repoussait, tellement il l'attirait. Et ne croyait pas par là que c'est impossible, c'est juste qu'il fallait le voir pour le croire... Et encore, puisque lui-même n'arrivait pas à y croire. Mais lui, n'en parlons pas, il en croyait plus depuis longtemps... Et si le bonheur n'existait pas ? Dire qu'il n'existait pas, n'avait jamais été un mal pour l'ectoplasme sanguinolent de souffrance. Et si, par malheur, car oui, cela serait bien un malheur, il aurait exister, ce bonheur, ce serait dans les bras métallique du cerveau surdoué de son pauvre père absent. Enfin, ça, ça n'était que l'aspect extérieur du bonheur, de son propre bonheur, et ce n'est sans doute pas cela qui définit le bonheur, pas même pour le jeune fantôme. D'ailleurs « jeune fantôme » montrait bien là qu'il ne connaissait pas le bonheur, où qu'il ne l'avait sans aucun doute jamais connu. Les fantômes sont censés être dénués de toutes formes de sentiments, d'émotions, de douleur et tout le tralala... Mais on les connait bien mal, car, plus mort que vivant, le gamin est plus que jamais émotif, surtout douloureux. Et croyez moi, avoir dix ans et se prendre pour le bourreau des souffrances, c'est plus éprouvant que tous ce qui est encore imaginable par l'Homme. Enfin, on dit ça, on dit rien, c'est ce qu'il dit après tout. Un gamin, même surdoué, n'en reste qu'un gamin avec des idéaux bien tracés... La douleur d'une âme en peine, enfin, si on peut appeler ça comme ça, est bien plus présente dans ses tripes que dans ses aspects physiques. En gros, c'est psychologique, et rien d'autre. De plus, il y a tous ces mots, ces maux... Sans en comprendre un seul, il les voit défiler les uns après les autres, silencieux et désireux de les brisés, et de les examinés. Encore et encore, juste pour mieux les identifier, juste pour mieux se les approprier et juste pour mieux s'en éloigner, s'en blindés...
* Et je te prends par la manche, et te taillade les hanches juste pour t'entendre crier, juste pour t'entendre pleurer... ♫ *
Et il se taille encore les veines, jusqu'au petit matin il se démène... Les vers qui s'enchaînent te rappelle sans joie ces chaînes. Plus encore il saigne, et cherche en vain de l'aide... Encore un refrain inachevé que l'on jette sur le pavés, encore un refrain gâché que l'on écrase sous le palier... Sans crier garde, il s'est laissé coincé, il s'est laissé berné. Le Comte l'avait déjà découvert, il savait à présent ce qu'il devait faire, et il le fit. Juste pour paraître plus enfantin, le masque du gamin s'enfonça profondément sur le visage de l'ectoplasme, il prit en possession chaque traits de son portrait et s'y encra profondément, si profondément qu'il semblait ne plus vouloir s'en défaire, comme entailler de son propre masque. Le démon avait disparu, et le Comte avait gagné la partie. Échec et mat, il le toucha et c'était fini, lui-même l'avait bien compris... « Mais je peux faire ça … » Et il savait tellement bien le faire... Plus besoin de ce masque, il avait là l'âme d'enfant du fantôme. L'âme d'enfant de son enfance... La sienne, celle qui lui appartenait, celle qui le definissait. Et c'aurait pû durer s'il n'avait décider de se laisser faire, si ses démons en avaient décidé autrement. Malheureusement, plus maître de lui même, le masque se fissura, puis se fendit, et enfin il éclata. Là au sol, gisait les derniers morceaux de son âme en peine, felée, brisée, souillée... Comme pour montrer son ressentiment, le gamin fit un pas de plus, et écrasa les dernières miettes de son destin... Un sourire des plus amers se mit à retrousser ses petites lèvres et les quelques mèches qui habitaient son front se fendirent lègerement, histoire de faire apparaître ses yeux noirs. Et sa voix, glas de mépris, s'éleva à nouveau.
« C'est que vous êtes plein de ressources... »
Son sourire ne quitta pas ses lèvres livides. Il planta son index et son majeur sur une des tempes du Comte, juste avant de mimer le bruit d'un revolver, et murmura d'une voix profonde, comme sortie de ses entrailles.
« Pan ! Vous êtes mort maintenant... »
Il émit un petit ricanement enfantin, avant de se reculer de quelques pas et fixer le plafond âpre. Il rabaissa la tête et cette fois, un sourire malicieux tronait fierement sur ses fines lèvres blafarde. Il leva un bras presque translucide vers ce même plafond et eleva sa voix d'enfant à travers toute la pièce, comme un écho entêtant.
« Dîtes, vous êtes déjà aller là-haut ? Moi, on ne m'a pas laissé entrer... Alors je reste ici, parce que c'est le seul endroit où je peux purger ma peine, c'est un peu comme une sorte de prison. Pourtant, je suis trop jeune pour y aller, c'est amusant, vous ne trouvez pas ? »
Comment un fantôme pouvait-il parler de la mort aussi infantilement ? C'est-ce qu'il était en train de ne pas se demander... La mort, il avait déjà vécu, il pouvait donc s'en moquer éperdument. Mais il aimait jouer, surtout avec les humains. Il les détestait tellement... Pourtant, cet étrange personnage avait beau avoir l'apparence d'un banal humain, peut-être plus charmant, Eden savait pertinemment qu'il n'en était pas un. C'est sans doute pour cela qu'il se sentait partagé entre l'admirer et le détester. Mais Eden est un drôle de personnage. Drôle et dangereux... _________________
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