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| | Les souvenirs d'un autre ... [Cassinelle] | |
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Comte Caïn Admin -> Prince des Poisons

Inscrit le : 03 Mai 2008 Messages : 291 Age du perso : 21 ans Traits de Caractère : Vous le découvrirez bien assez tôt .... Humeur : Il cherche, et veut s'amuser à sa façon ... Feuille de personnage Petit(e) ami(e): Juste trouver ce qui nous uniera ... Ami(e)s/Ennemi(e)s:
| Sujet: Les souvenirs d'un autre ... [Cassinelle] Mer 14 Mai - 11:03 | |
| Il ne l’avait jamais connu et pourtant, il se sentait proche d’elle. Mais peut-être était-ce parce qu’elle avait été sa sœur. En un instant, il avait tout su d’elle et de ce qu’avait été sa courte vie. Ce n’était qu’une enfant. L’homme n’avait pas hésité. Pour elle, mais aussi pour lui. Il n’avait jamais hésité à assouvir ses instincts pervers. Mais elle, elle avait été différente. Il l’avait ressentie à travers les « images ». A travers l’homme. Mieux valait oublier ce moment de pure horreur. Il avait maintenant les souvenirs de l’homme à propos de l’enfant. Comme si cela n’avait pas suffit à sa souffrance. Il lui avait ajouté celle de Cassinelle. Sa sœur. Sa grande sœur. Mais il est difficile de concevoir qu’elle pu l’être puisqu’elle aurait du être âgée de vingt-neuf ans. Et elle resterait pour toujours une fillette qui n’aurait jamais dépassé l’enfance, fillette brisée et perdue. Sept ans. Cette malédiction. Où avait-elle commencé ? Probablement avant sa « grande » sœur … Et elle ne s’arrêterait pas maintenant alors qu’elle avait parcouru si bon chemin. Pourquoi pensait-il aussi souvent à Cassinelle en ce moment ? Ses souvenirs ne voulaient pas sortir de sa tête et c’était une torture de chaque instant. Parce que cela lui rappelait son passé. Il aurait aimé l’oublier, être quelqu’un d’autre ou simplement, n’être plus rien. Rien qu’un grain de poussière perdue dans l’immensité de l’univers. Mais n’était-ce pas le cas à présent ? Il n’était pas grand-chose. Complètement perdue dans la tourmente de son caractère ambigüe, de son âme torturée. Il savait que Cassinelle n’avait pas été une enfant des plus gentilles. Mais l’éducation qui lui fut donnée avait été … anormale. Trop gâtée par son père et en même temps, punit à la moindre bêtise. Sur couvée par sa mère. Elle prenait un plaisir malsain à s’attirer les remontrances de son père. Et il n’hésitait en général pas à la frapper. Mais après tout, ce n’était qu’une enfant ! Elle n’avait pas droit au sort qui lui fut réservé !
Inconsciemment, Caïn laissait ses pas le porter jusqu’à une petite chambre, une petite chambre spéciale. Et à l’accès condamné. On y accédait par un passage secret et seul Satine ainsi que lui-même l’avait vu. Ruby aussi. C’était elle qui l’avait bâtie. Caïn n’avait jamais su si elle était au courant pour Cassinelle. Ruby avait construite cette petite chambre afin que Satine puisse y jouer à la poupée. Mais c’était les meubles de sa grande sœur à lui. Et inconsciemment elle-aussi, Satine avait agencé la petite chambre comme le fut celle de la défunte fillette. Peut-être qu’au fond, la Comtesse savait. Ou alors, il était fort probable que Caïn lui est transmit une partie de ses souvenirs à ce propos lors de cette nuit … terrifiante. Juste une partie perdue dans le subconscient de sa jeune sœur.
La petite chambre était toujours aussi bien rangée bien que la poussière ce soit déposée sur les meubles. Des meubles décolorés par les ans. Des meubles enfantins qui étaient si jolis lors du vivant de Cassinelle … et maintenant si … sinistres. Et pourtant, il ne peut s’en séparer. Il sent que quelque chose l’empêche s’en débarrasser. Ou bien est-ce seulement une excuse parce qu’il est trop faible. Caïn parcourut la pièce du regard et son attention fut attirée par un vieil ourson dans le lit rose et blanc. A qui appartenait cette peluche ? Elle était si vieille qu’on aurait dit qu’elle partirait en poussière si jamais elle tombait au sol. Tout comme le souvenir de la fillette. Il aurait tellement aimé la protéger cette enfant. Mais il n’avait pas su se protéger lui-même. Le jeune homme serra l’ourson dans ses bras et soupira.
- Cassinelle … _________________
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| Sujet: Re: Les souvenirs d'un autre ... [Cassinelle] Mer 14 Mai - 21:49 | |
| " Et le vers rongera ta peau comme un remord." - Charles Baudelaire.♥
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C'était un matin froid. Gris, mort, délavé. Le tic - tac d'une horloge, une porte qui claque, un courant d'air. Voilà à quoi se résumait l'immortalité précoce d'une poupée coincée dans un monde trop à l'image des Hommes. De ceux qui s'endormaient sagement le soir, dans un lit chaud et vaste, le coeur battant au rythme régulier des pulsations contre l'épais matelas. L'enfant est l'insouciance, l'insouciance est l' illusion. Et qui, parmi le monde, se permet encore d'ignorer que l'illusion devient traîtresse ? Qui se permet de croire qu'un lendemain sera meilleur qu'un aujourd'hui, et de le soutenir encore et encore ?!
Une enfant. Affreusement Maigre. Vêtue d'une simple robe de satin blanc. Assise, adossée à un mur de crépit très abimé, les genoux repliés sur son torse fragile, la fillette demeure seule. Les mains ouvertes sur le sol, paumes vers le plafond. Avec un regard effrayé, elle fixe bêtement le carrelage de marbre humide, comme si toute la misère du monde l'avait choisie comme principale victime en écrasant lourdement ses étroites épaules. En serrant les dents, Cassinelle bavait un peu, sur le coin de la bouche. Aujourd'hui elle voulait être calme. " Allons chérie, n' hurle pas, ton père dort encore". La demoiselle se crispa. Ce putain de père. Cette enflure de merde à qui elle aurait arraché les dents si elle en avait eu la poigne, ce fameux jour d'automne. Un fantome n'est pas insensible. Un fantome a encore un peu le droit d'errer et d'éprouver. Alors elle dévia son regard, pour paraitre plus franche, plus sûre d'elle même. Elle en avait eu envie, de cette vengeance. Elle se leva doucement, et quelque perles limpides s'égarèrent sur ses joues pâles. Cassinelle entama un petit air enfantin, sur des pats de polca. Sa voix mélodieuse s'éleva dans le bâtiment aux allures gothiques et anciennes. Elle se leva, et s'éloigna jusqu' au bout du long couloir, où elle comprit tout en moins d'une simple soixantaine de secondes.
- Il est là ?
Un sourire large se dessina, tandisque ses sourcils se dressèrent un peu plus haut. Lui, lui. Son propre sang, sa propre chaire. Son même visage aux traits fins, ses cheveux soyeux et son esprit mystérieux. Elle l'appréciait énormément, et ce, d'une façon inexplicable puisqu'elle ne l'avait jamais rencontré de son vivant. La jeune Cassinelle voyait en lui le personnage fascinant. Il était doux et cordial, complice avec les gens qu'il aimait, mais aussi, et c'était ce qu'elle lui préférait aux autres, une personne attentive à ses caprices. Qu'il s'agissent de pitiée ou non, il lui portait de l'attention à elle et à son coeur, morts. Ce fût tout ce que la délicieuse petite trouvait d'important. A ses yeux, l'image déchue d'un paysage lui rappelait souvent son jeune frère, libre comme l'air et maître de son jeu. Caïn, Caïn.
Et il se trouvait là, dans la chambre qu'elle avait occupée par le passé. Et elle se trouvait là, derrière lui en train de câliner cet ourson avec lequel elle voyageait dans les contrées du sommeil le plus paisible. Avec un air attendri, Cassinelle cligna des yeux plusieurs fois, pour être sure qu'il s'agissait du comte. Et, comme pour lui rendre la pareille, il prononça son exquis prénom.
" Cassinelle. . ."
Biensûr qu'il avait senti sa présence, biensûr qu'elle lui répondrait de vive voix.
- Si vous continuez de le serrer ainsi, Gooky n'en pourra plus et sera à bout de souffle. Il serait dommage de m'ôter mon unique compagnon, qu'en dîtes - vous ?
La défunte exerça une très jolie révérence, en pointant sa petite ballerine devant sa personne, pour saluer le maître des lieux comme il se devait. Son haut de forme lui avait toujours parut étrange. Pourquoi porter un si haut chapeau, alors qu'il ne pleut pas ? Pourquoi s'encombrer d'un costume à queue de pie, alors que l'on n'attend pas le moindre invité ? le chapeau, est - il un accessoire qui permet de symboliser la taille du cerveau ? La fillette douta de la dernière question, son frère ne faisait jamais preuve d'un tel égocentrisme, ou tellement rarement, qu'elle ne l'eut jamais surpris. . .
Le silence se déposa dans la pièce comme une étonnante tempête de neige sur un sapin, lors d'un des hivers des plus rigoureux.
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| Sujet: Re: Les souvenirs d'un autre ... [Cassinelle] Dim 18 Mai - 16:41 | |
| Serait-il victime d’hallucinations à présent ? Si tel était le cas, ça devenait grave. Plus grave qu’il ne le pensait. Comment cette fillette était-elle entrée dans cette chambre ? Avait-elle emprunté le passage secret ? Que de questions tourbillonnant dans l’esprit du jeune homme. Lorsqu’elle est apparue, une sensation étrange l’a envahit. Elle lui rappelait quelqu’un, mais qui ? Elle était vraiment mignonne dans sa robe de satin blanc. Elle était si pâle … si familière. Cette apparition lui avait momentanément fait oublier tout ses mauvais souvenirs. Et si elle l’avait surpris, l’enfant avait au moins eu ce mérite. Il ressentait quelque chose de bizarre, d’inexplicable lorsqu’il la contemplait. Il savait. Au fond de lui, inconsciemment, il savait tout, et tout cela serait bientôt rappelé à sa conscience. Tout fini par refaire surface. Alors pourquoi ne parvenait-il pas à mettre le doigt dessus ? Parce qu’il ne pourra pas comprendre sans doute, parce qu’il ne saura accepter cette possibilité. Parce qu’elle ne doit être qu’un souvenir. Puisqu’il ne sait plus, Caïn se lève et alors, il se écoute la déclaration de la petite fille, ce qu’elle lui a adressé tout naturellement.
« - Si vous continuez de le serrer ainsi, Gooky n'en pourra plus et sera à bout de souffle. Il serait dommage de m'ôter mon unique compagnon, qu'en dîtes - vous ? »
L’ours en peluche. Cet ours en peluche appartenait à … Cassinelle. Et le miroir sur le mur d’en face lui renvoya son image. Un visage stupéfait, comme si ce n’était pas le sien qu’il pouvait voir. En réalité, celui de Cassinelle s’y superposa et il comprit vraiment à qui il avait affaire. C’était elle. L’enfant, Cassinelle, sa « grande sœur ». Voilà pourquoi cette impression de déjà-vu ne l’avait pas lâché un seul instant. A travers la petite fille, il avait vu son propre visage, celui de ses parents. Elle, un être qu’il aimait car elle eut un sort semblable au sien, pire même, et qu’il détestait à cause des souvenirs. Et savoir l’avait effrayé. Car c’était encore une chose en plus qu’il devrait accepter. C’était un être qu’il aurait voulu protéger comme il aurait aimé qu’on le protège lui, mais qui à présent, n’était plus. Ou est, sous une autre forme. Elle lui était apparue. Elle était fantôme.
Alors il vit Cassinelle effectuer une ravissante petite révérence tout-à-fait digne d’une enfant bien élevée. Son seul compagnon. Il ne savait pas que cet ours en peluche se prénommait Gooky. Caïn desserra son étreinte. Maintenant qu’il était debout, il dépassait de plusieurs têtes son « ainée ». Il fixait cette petite créature, les yeux grand ouvert. Et machinalement, il tendit la main, mais n’osa pas toucher. Il aurait pourtant aimer la serrer dans ses bras mais, ne dit-on pas que les fantômes n’ont pas de consistance ?
- Cassinelle ?
Il posa l’ourson sur le lit. Il ne savait rien des fantômes et peut-être que lui tendre la peluche aurait été un affront. Elle n’aurait peut-être pas pu le saisir. Sa sœur était si mignonne … Il se rassit afin de se mettre à sa hauteur et la contempla avant de murmurer la première impression lui passant par la tête.
- Tu n’es pas heureuse … _________________
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| Sujet: Re: Les souvenirs d'un autre ... [Cassinelle] Ven 20 Juin - 11:52 | |
| " Je suis une chose Publique." - Victor Hugo. ♠
1;2;3 Cassinelle apparait. Les yeux rivés dans les siens, elle désirait qu'il la contemple, encore un peu. Le compte et la Comptesse étaient sincèrement les personnes que Cassinelle préférait le plus contempler. Avec la curiosité propre à la jeunesse, elle se servait de modèles, et là en l'occurence, ses idéaux la ramenaient toujours à ces deux maîtres des lieux, à sa famille et à son passé. La petite demoiselle se plaisait également à faire partager ses peines et ses joies au sein du manoir, lorsqu'il pleuvait, elle ne pouvait s'empêcher d'hurler et de pleurer à travers les couloirs, encore et encore. Car la pluie est un des temps qui sont trop tristes et que l'on a toujours envie d'égayer. De colorer le ciel, de rendre le vent moins violent, d'écarter les nuages afin que le soleil perce ou bien en parfumant le tout d'une odeur légère et sucrée. Son comportement avait beau en effrayer certains, elle possédait toute l'insouciance du monde pour ne pas s'en douter ne serait - ce qu'un minimum. Le petit fantôme n'avait rien à craindre : qui aurait pu être encore assez détestable pour lui faire davantage de mal qu'elle n'en subissait déjà? Il fallait être bien pathétique pour s'y résoudre. Et puis les jours déferlaient, les uns sur les autres, s'entassaient comme les vaisselles sales dans un évier négligé, jusqu'à ce qu'un jour, on finisse par saisir l'éponge et astique, frotte, désinfecte, nettoie. Comme la délicieuse fillette éprouvait une très vive impatience jusqu'à ce que ce moment survienne ! Aujourd'hui déjà et enfin, elle l'avait croisé pour une énième fois, et ce même jour, il l'avait remarquée. Heureuse, Heureuse ! Entre temps, le silence avait demeuré quelque minutes, afin que le jeune homme fasse quelques mouvements, puis se décide à lui parler en face à face, directement. Toute intimidée, ses yeux se mirent à pétiller énergiquement. Une flamme faible pour une petite femme fiable.
" Cassinelle ? "
Le déstabilisait - elle autant pour que ce Messieur l'appelle à nouveau sur le ton d' une interrogation ? La bambine l'examina, et sentit bien qu'il n'osait guère la toucher par crainte de l'offenser. Pourtant, il suffisait que le défunt le veuille, et l'on pouvait presque entrer en contact avec sa contenance. "Presque" désigne le proche du possible, tout en marqaunt l'impossibilité. Alors, elle le fit, Elle intensifia le désir de lui saisir la main, de la lever, et de l'utiliser pour la faire tourner sur elle même. Après deux ou trois tours, la gamine ria innocemment. On jouait avec elle sans hurler de frayeur, exceptionnellement, on ne l'avait guère repoussée ! Biensûr, il fallait lui expliquer " comment " désormais. La paresse l'envahissait toujours dans de tels moments. Alors, plus par feignantise que par ennui, elle s'éloigna jusqu'à l'ourson. La donzelle sorti ensuite une petite brosse de poupée et peigna dans le sens du poil. La couleur autrefois acajou demeurait maintenant quasi blanchâtre. . . " Que le temps passe vite" songea t - elle.
" Tu n'es pas heureuse ..."
A l'instant, elle jugea qu'il était mieux de ne pas tenir compte de cette remarque. Cette dernière avait été balancée au loin, un élan de mélancolie pareille à une bouteille à la mer, dans le loitain rivage en éspérant de toutes les plus fines fibres de son coeur que quelqu'un lise le message. Juste une fois, juste dans l'intention d'être transmis. Et l'on souhaite, et l'on souhaite. . . Dans une vie, on ne cesse jamais de souhaiter. Ne quittant plus son frère et ami des yeux, la galopine retînt fortement ses larmes. Avec tout le mal qu'elle se donnait pour enjoliver sa vie lugubre, on trouvait la faille en se rendant à l'évidence. Elle n'était pas heureuse, mais dans ce cas, Cassinelle ne siégeait pas seule.
- Vous êtes vraiment le plus beau de tous . . .
Ses traits fins & son regard froid la faisaient fondre. Petite fille, elle dessinait toujours des princes en rêvant que l'un s'anime et l'emmène ou personne ne l'avait jamais emmenée. Et Dieu seul sait que son père en avait décidé bien autrement. Visiblement, nul ne paraissait réaliser ce qu'il s'était vraiment passé cet après midi là. Les enquêteurs de l'époque avait rendu l'affaire plus médiatique qu'éclaircie. Le résultat ? un simple meurtre de mineur. Après, on s'en foutait que l'âme de la jeunette s'égare et garde des traumatismes, pour eux, elle demeurait sous un linceul, les yeux clos et la gorge déchirée. Et puis elle se releva, et resta longuement debout à détailler la lucarne. Toujours ce ton gris fade de tout à l'heure dans le ciel.
- Mon frère, c'est vous et votre soeur qui me rendez heureuse, je me sers assez de solitude et d'ennui . . .
Le petit ange fit volte face.
- . . . Pour permettre à quelqu'un d'autre d'en déverser de jure.
Un esprit de femme dans un corps d'enfant, une intelligence d'adulte pour une tête de porcelaine à la peau laiteuse, le tout surmonté d'une constitance floue et translucide, 1;2 ;3, Cassinelle apparait. . . . _________________
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| Sujet: Re: Les souvenirs d'un autre ... [Cassinelle] Dim 29 Juin - 17:16 | |
| ["Des meuble luisants Polis par les ans ..." Baudelaire, l'invitation au voyage]
Comment avait-il pu ne pas se douter de l’existence des fantômes ? Comment n’avait-il pas remarqué qu’ils pouvaient rôder dans un lieu, lui, le maître de cette demeure ? Et surtout, lui, un vampire. Une créature au sens plus aiguisés que ceux de n’importe qui, une créature possédant un sens de plus, un sixième sens. Comment n’avait-il pas entendu les pleurs de l’enfant durant les nuits d’orage ? Peut-être avait-il été encore bien trop perdu dans les abîmes de ses souffrances … Egoïste. Il fallait aller de l’avant, bien que cela lui soit presque impossible. Il n’était pas un battant, il le savait. Ô combien il lui était difficile de ne pas regarder en arrière, combien cela lui était difficile de vivre le présent dans la joie ! Mais elle, Cassinelle, presque un ange, son sort n’avait pas été meilleur que le sien. Et pourtant, elle semblait rayonner de la joie de « vivre » des enfants, de l’inconscience, de l’insouciance propre à ces petites créatures. Créatures n’ayant pas le droit de souffrir. Mais elle avait souffert et il la comprenait. C’est pour cette raison que malgré leurs différentes consistances , il l’aimait, l’admirait et se sentait proche d’elle, peut-être plus proche qu’il ne l’était de Satine. Satine, il l’aimait, l’admirait également, pour sa force de caractère, pour sa beauté, et pourtant, un large fossé les séparaient. Une mère différente, un amour différent, et la souffrance … n’était pas la même. Il lui avait fait du mal, sans le vouloir mais il l’avait fait. Il était petit. Ce n’est pas une excuse. Mais pour lui, c’était dans l’ordre des choses. « Papa » avait commencé, et comme on dit, tel père tel fils. Cassinelle était sa « vraie sœur ». Et pour ça il l’aimait. Cassinelle était la même souffrance. Et pour ça il l’aimait. Il l’aimait, il n’a pas peur. Elle est belle, elle est intelligente. Elle est son sang, celui des Satalin Leviluke, le sang maudit.
Elle le fixait de ses jolis yeux délavés. Délavés est un terme péjoratif. Pourtant, Caïn ne pense pas à mal, le petit fantôme n’a pas réellement de couleur, on les devine, il veut les voir. Il sait, grâce aux souvenirs de … l’homme. Elle était vive, elle l’est toujours. Elle était intelligente, elle l’est toujours. Mais il sait aussi que l’enfant ne fut pas qu’un ange d’innocence. Est-ce son père qui l’a rendu ainsi, la malédiction ? Chaque personne a une part de mal en elle-même, sauf l’enfant. Un enfant nait pur, sans conscience du bien et du mal. Il est pur. Cassinelle le fut. Elle prit conscience du mal à cause de l’homme. Il en fut de même pour Caïn, pour Satine. Pour chaque enfants souillés. Il aurait aimé les venger. Il se vengerait de son père, car il sentait dans ses veines le sang pulser, il sentait ce sang lui crier que l’homme était en vie. Il se vengerait d’abord pour lui. Egoïste. Puis il vengerait Cassinelle et Satine. Amour. Il vengerait tout les enfants bafoués, meurtris. Haine.
- Vous êtes vraiment le plus beau de tous . . .
Cette remarque le tira de ses sombres pensées et le fit sourire doucement. Elle était naïve, elle était insouciante. Comprenait-elle qui il était ? Savait-elle qu’il était vampire, une créature forgée par l’Enfer, naît de la cuisse de Lucifer ? Apparemment, si elle le savait, elle n’en avait cure. Satine et lui la rendait heureuse selon les dires de la fillette, et rien n’aurait pu lui faire plus plaisir que de l’entendre dire ça. Il était rai qu’elle devait se sentir bien seule ici, s’ennuyer, elle avait tout le loisir de se morfondre et pourtant … elle n’en avait pas l’air. Elle avait l’air d’une petite fille qui aurait aimé que l’on s’intéressa un peu plus à elle, une petite fille espiègle. Une petite fille aux jolies manières, de bonne famille. Et pourtant, elle serait une femme à présent. Une jeune femme, belle, sensible, et irradiant d’intelligence. Peut-être aurait-elle été mariée déjà. Et lui aussi. Peut-être que tout aurait été différent … Mais peut-être aussi que Satine n’aurait jamais vu la lumière du jour … Et ça, c’aurait été regrettable. Il aurait aimé être entouré de ses deux sœurs. Et maintenant, il l’était. Que demander d’autre ? Il était heureux de la voir, de la rencontrer pour la première fois. C’était étrange. C’était beau. Alors elle ne voulait pas que quelqu’un d’autre subisse sa condition actuelle ? Etait-ce cela qu’elle voulu dire ? Elle ne parlait pas comme une enfant. Son intelligence était celle d’un adulte. Enfant et adulte à la fois, l’équilibre parfait. C’est ce qu’il pensait. Le fantôme fit volte-face. Il voulait lui donner plus que sa présence pour qu’elle éprouve le bonheur.
- Si je puis te rendre heureuse par quelques moyens, dis-moi lesquels Cassinelle.
Elle était là. Et il espérait de tout son cœur qu’elle ne disparaitrait pas ainsi. Qu’elle n’était pas un fantasme de son imagination.
- Ne pleure pas … Je suis là …
Phrase sortie toute seule de son cœur. Il aurait aimé l’entendre prononcer en sa faveur. Alors c’est à elle qu’il la dirait. Juste pour la consoler. Juste parce qu’il l’aimait. _________________
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| Sujet: Re: Les souvenirs d'un autre ... [Cassinelle] Sam 12 Juil - 15:43 | |
| " Il faut se méfier du chagrin des petites filles, il est l'arme secrète des femmes. " [ Paule constant ]
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La souffrance fait partie des étapes de la vie. Du moins je la considère comme telle ? Et peu importe vraiment. La pluie se mit à tomber avec une violence redoutable. Elle martelait les poussiéreuses vitres sales de la pièce étriquée comme si le ciel avait perdu un être cher à son coeur. Alors, avec un épais ramassis de tristesse, il déciderait de déverser bon nombre de larmes avec une rage si puissante que mêmes les escargots se résigneraient à ne pas sortir. Cassinelle aurait tellement voulu s'approprier une force aussi grande que celle - là. Car un corps de petite fille n'est pas vraiment le mieux que l'on puisse éspérer. En vous y enfermant, vous vous engagez à vivre pour l'éternité dans un physique aux possibilités limitées, et certaines personnes n'arrivent pas à croire que vous faites preuve d'intelligence et de maturité d'expérience propre à l'adulte. On vous sous - estime. Et malgré tous les efforts que vous rassemblez pour prouver votre situation égale aux leurs, c'est votre apparence qui les fait parler. Un difficultés supplémentaire dont on a généralement pas besoin. Or, allez leur dire que vous êtes pareille qu'eux ! avec votre visage colérique et vos traits sans doute trop féminins ou jeune à leur gout ! Ce sentiment d'impuissance qu'on éprouve tellement de fois. . . C'est une flêche en plein poitrail. Une arme redoutable pour vous écarter. Elle vous frappe, vous assassine sauvagement, se perd en vous, pour vous perdre ensuite.
L'eau s'écoulait et, bientôt, un épouvantable orage fit son entrée en scène. Les éclairs illuminaient le foyer en une fraction de seconde avant que le grondement gras et vif ne redouble. Elle frissonna. Une fraîcheur très prononcée envahissait la salle au fur et à mesure que le temps défilait. Elle avait peur. Caïn devait anticiper, avoir compris. Parce que ses yeux parlaient à sa place. Que ses phrases donnaient presque moins envie de lui répondre que son regard intimidant -et quelque part- si bavard. Parce qu'il avait assurément envie de garder Cassinelle dans son coeur, que cette fois, il osait affronter directement la malédiction intolérable qui bouleversait la famille. Un littéral coup de fouet qui fait souffrir. Qui fait saigner. . .Jusqu'au sang. Le sang des Satalin. . . Le même qui les avait vu vivre et mourir par la suite. Peu importait la race et ce qu'elle engendrait. Qu'il aie pu commettre les pires meurtres ou des tortures affreuses, cela ne faisait pas le poids. Pourquoi ? Parce que Cassinelle n'était pas tout à fait innocente non plus. Ca devait être dans les gênes. Ca devait être dans la haine qu'ils se mariaient. Et puis l'amour, cet amour fraternel unique. . .
" Si je puis te rendre heureuse par quelques moyens, dis-moi lesquels Cassinelle. "
La "grande" soeur se précipita vers lui. Les pas sur la moquette résonnaient depuis les poutrelles ébènes du plafond. Ses étroites rotules la lachèrent promptement, et elle se retrouva à quatre pattes avant de l'avoir atteint, lui. Elle était trop déterminée pour ne pas continuer sa route. Alors, elle s'approcha davantage pour arriver à son niveau, puis croisa les bras surs ses genoux tandisqu'il demeurait toujours bien installé sur ce qui avait été lit autrefois. Puis elle y déposa sa tête. Le temps de réfléchir ne se nécéssitait guère. Cassinelle savait assidument ce qu'elle désirait. Pourquoi vouloir faire plus ? A trop nager dans le bonheur on s'y noie. Le souffle se ralentit, et les abîmes nous submergent. Toucher le bout du monde, c'était savoir passer par les obstacles. Et aujourd'hui, la délicate créature décidait que les 'obstacles' ne pourraient pas ébranler la joie immense qu'elle ressentait aux cotés de son cadet bien aimé. Une forme de pause avant de reprendre la course. A la montre . Une poursuite face à un chronomètre de perpétuité. Pathétique.
- Ne perdez pas votre temps. Il est trop tard pour moi. C'est vous qu'il faut sauver. Je vous en conjure : sauvez - vous.
Tout comme la coupole des cieux, le chagrin la toucha. Bien qu'elle ne regrettait pas d'avoir dit cela, quelquechose lui sera la gorge. Elle se persuadait qu'elle avait subit pour lui. Parce que Cassinelle préférait prendre le malheur et les blessures à la place ce frangin. Néanmoins l'instinc la titillait. Il avait mal. Et à l'évidence, ce n'était pas de son cercueuil qu'elle serait efficace. Efficace, l'avait - elle seulement été ?
" Ne pleure pas … Je suis là ... "
Pleurer. Un moyen de détente. On pleure aussi à l'intérieure, nous autre, fantômes. On pleure de ce que l'on a plus, perdu, laissé derrière nous. Parce que lorsqu'on y pense, c'est de ça dont on a envie. Forcément, capriceuse que je suis. Et tu me manques depuis trop longtemps. Ne me reviens pas tout de suite. Ne me reviens pas tout de suite mon frère. Refuse la mort si elle t'appelle une seconde fois. Ce sont les mots qu'elle aurait voulu déverser là, à la minute. Mais c'étaient ses sanglots qu'il aurait possibilité d'entendre. Et rien d'autre.
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. . . J'aime te sentir sous mon emprise, mon doux petit panti n . . .  | Spoiler: | | | Chloé, Eden & Cassi. The trio of the siecle ♥ |
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|  | | Comte Caïn Admin -> Prince des Poisons

Inscrit le : 03 Mai 2008 Messages : 291 Age du perso : 21 ans Traits de Caractère : Vous le découvrirez bien assez tôt .... Humeur : Il cherche, et veut s'amuser à sa façon ... Feuille de personnage Petit(e) ami(e): Juste trouver ce qui nous uniera ... Ami(e)s/Ennemi(e)s:
| Sujet: Re: Les souvenirs d'un autre ... [Cassinelle] Ven 25 Juil - 16:09 | |
| [Criez après l’enfer : De l’Enfer il ne sort Que l’éternelle soif de l’impossible mort. D’Aubigné.]
Il aimait la pluie et ses gouttes étourdissantes de par leur chatoiement magique, et pourtant si terne lorsque le vague à l’âme vous envahit, comme autant de larmes amères à verser. Il aimait le fracas assourdissant de la pluie martelant les vitres, les murs, le toit du manoir. On se sentait minuscule alors qu’une redoutable tempête fait rage à l’extérieur. Et lui, dans un univers plus accueillant qu’il ne l’a jamais été. Ou pas. A l’abris de tout les autres bruits. Seul comme endormit mais encore éveillé. Ou bien plus éveillé, comme une naissance, une renaissance. Habituellement c’était plaisant. Cassinelle aurait aimé s’approprier cette force. Caïn aurait aimé s’y perdre à jamais. Car cette force destructrice, il la possède déjà. Malgré lui. Ou alors se sentir plus puissant.
Et l’orage éclata.
La nuit, la pluie, l’orage. Là était tout son univers, le véritable. Là seulement, il parvenait à se sentir réellement éveillé à sa nature vampire. Entièrement lui-même puisque d’ordinaire divisé de moitié. Le jour, seulement humain, sa personnalité vampire demeurait profondément enfouie, et il ne pouvait être que l’ombre de lui-même. A l’intérieur de lui, en son cœur. La nuit, l’état vampire s’ajoutait à celui d’humain d’origine et fusionnaient pour ne faire qu’un. Alors il éprouvait une sorte d’euphorie, une jouissance animale à sentir ses membres devenir brume ou son corps adopter la forme et la discrétion de la chauve-souris. Prendre conscience de cette toute puissance et s’en enivrer jusqu’à n’en plus pouvoir. Bien qu’il ne se servit de sa toute puissance que rarement. Se sentir prendre la forme d’une créature démoniaque. Prendre la forme d’un loup à la manière d’un lycan et pourtant, en retirer une force tout droit remontée des Enfers, alliée à ses capacités de vampire. C’était cependant bien peu. Mais suffisant. Et au sommet de cette puissance, voir tout ses membres se multiplier jusqu’à atteindre un nombre impressionnant. Voir ses forces se décupler puis clamer les incantations maléfiques en une longue litanie qui fera de lui la plus puissante des créatures après Satan. Ô Satan mon Amour … Et sortir de son cœur cette rage incontrôlable, cette haine qui vous dévore jusqu’à la moelle, cette rancœur qui le ronge chaque jour un peu plus, et puis … la vengeance qui l’assèche de tout ses autres sentiments. Malgré cela, il s’est habitué et tire un immense et intense plaisir de ce statut. Cette partie de sa personnalité qui ne se dissociera jamais du reste. Démon. Puissance.
Le temps change. Les temps ne changeront plus.
Ô Cassinelle, Cassinelle ! Si l’on pouvait remonter le temps, si l’on pouvait trouver le remède au Poison … Ce sang empoisonné. Elle lui dit de se sauver avant qu’il ne soit trop tard mais il a toujours été trop tard pour eux. Se sauver, il ne l’a jamais pu, ne l’ont jamais pu, tous. Eux, tout les Satalin Leviluke. Conscients ou inconscients. Leurs efforts furent vain. Accepter son Destin est le seul moyen. Ou ne pas l’accepter ?
Elle le fait fondre. Des larmes de fantôme, et de surcroit celles d’un enfant. Celles de … sa sœur. Il aurait tant aimé pleurer. Puis la consoler. Mais il ne pouvait pas et peu à peu, le temps présent lui retirait son humanité. La nuit tombait-elle … ? Probablement, ses instincts s’éveillaient, ou la nuit les écorchaient vifs, simplement mis à nus. Et même la petite créature appuyée sur ses genoux n’y pouvait rien faire. Ce n’était pas une seconde mort mais une énième, chaque nuit il abandonnait son souffle humain, chaque nuit victime d’une petit mort. Un peu plus il s’enfonçait. A la manière dont chaque jour de sa non-vie, Cassinelle errait sans pouvoir s’en sortir. Sang stigmatisé. Tous descendants de la race de Caïn, condamnés à errer pour l’éternité et ne pouvant trouver le repos. C’était un fait indéniable.
- Je dois partir. Tu ne dois pas …
Les yeux du vampire se teintèrent de rouge écarlate et un sourire dépourvu d’humanité étira ses lèvres sur une rangée de longues dents acérées. La conscience le quittait. Il ne serait sans doute pas au sommet de sa puissance mais le serait suffisamment pour assouvir sa haine, sa soif de vengeance pour un moment. Et étancher l’autre soif. Juste pour tenir encore un peu. Juste pour être mal comme on pourrait être bien. Mourir encore un peu.
- …Voir ça.
La dernière lueur de lucidité s’éteignit et Caïn se leva, aussi léger que l’air. Il fixait Cassinelle sans la voir. Fallait-il qu’elle fasse partie de cet univers ? Qu’elle le voit vampire. Et qu’il soit capable de poser sur elle, non dénué de souvenirs ? Et cette nuit, quelque chose changera. Cassinelle est là. Il marchera pour elle, alors verra-t-elle pour lui ? _________________
Je veux encOre une fOis une histOire avec tOi Moi je veux encOre une fOis m'enfermer sur tOi M'inciter à bOuger à caresser nOs jOies Attiser tOn feu Là Où tu le veux ... ______ Et j'explOre et je déflOre le hard cOre.  |
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