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De Profundis Clamavi [With Edwin]

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Comte Caïn
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MessageSujet: De Profundis Clamavi [With Edwin]   Ven 30 Mai - 8:33

Il se sentait mal. Si mal … La sueur perlait à son visage de lait, bien plus pâle que d’ordinaire. Ses cheveux immaculés collaient à son front moite. Son mince corps raidi par la maladie était agité de tremblements incontrôlables. Il était brûlant. Il se consumait. Le cauchemar le consumait. Le même, toujours le même. Mais cette fois, il y avait quelque chose de différent. De terriblement angoissant. Il ne devrait pas être si mal, ça empirait. Plongé dans les abimes de ses songes, la fièvre gagnait du terrain et en cet instant, il paraissait frêle, l’enfant qu’il était autrefois. Celui qu’il ne voulait plus jamais être et pourtant, qu’il est toujours à travers ses cauchemars.

Caïn. Renié par Dieu. Condamné à errer pour l’éternité sans repos. Caïn trahi, homme vengeur, rampant misérablement dans la fange. Et sur les routes, il trainera sa misère, la Malédiction de Dieu. Pourquoi l’aurait-on appelé Caïn ? Fils d’Eve et d’Adam, frère d’Abel. Caïn assassin tue son frère. Souille la terre du sang des siens. Car rejeté par Dieu. Et lui, Race de Caïn, son supplice n’aura jamais de fin. Race de Caïn au cœur qui brûle, aux entrailles criant famine, au corps torturé, à la mémoire hurlant son agonie des souvenirs rappelés. Race de Caïn tremblant de froid et sur les routes, traînant sa famille aux abois. Voilà à quoi en son réduit ceux de la Race caïnite. Et cette Malédiction … elle est tombée sur les Satalin Leviluke. Elle a commencé bien avant lui et Satine, bien avant Cassinelle … Le médecin de famille aurait pu en témoigner, au moins pour une partie. Et son père avant lui. Cette famille de médecin avait été au service des Satalin Leviluke depuis le début de leurs carrières. Elle l’avait suivi dans ses malheurs et avait épaulé les membres de la famille du mieux qu’elle le pouvait. Si ces médecins n’avaient pu apaiser les souffrances morales, ils avaient au moins guéris les douleurs physiques. Ou presque. Persistait quelques blessures. Celles profondément encrées dans le dos du jeune Comte n’avaient jamais cessé de le torturer, et les cicatrices indélébiles de sa mémoire brûlait toujours d’un feu ravageur.

Seulement vêtu d’un caleçon, les draps de soie rouge et noire collaient à son corps fiévreux, épousant le moindre de ses mouvements. Entortillé dans ceux-ci, prisonnier de son horrible rêve, s’agitant, Lord Caïn gémissait tel un enfant. Il semblait bien petit dans le grand lit à baldaquins. C’était une chambre dont la couleur dominante était le rouge. On y trouvait aussi quelques touches de noir, de blanc, et le bois foncé des meubles. La pièce était décorée avec goût. Mais cette couleur était … agressive, elle représentait le danger. Il ne dormait pas toujours là. Mais là, il n'aurait pas pu dormir ... là-bas. Comment était-il arrivé ici ? Il s'était senti mal dans la serre. Il était avec sa soeur. Sa soeur lui rappelait toujours ... ce qu'il lui avait fait. Ce qu'on lui avait fait à lui. Et le parfum des plantes exotiques lui avait tourné la tête, il s'était rendu ici et s'était allongé. S'était endormi. Il n'aurait pas du.


« - C’est pour ton bien … parce que je t’aime … »

Echo des paroles susurrées, tel un poignard lacérant l’âme. Echo de ce son horrible, annonciateur d’intense souffrance. Un coup de fouet. Deux coups de fouet. Trois. Quatre. Ainsi jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus, qu’il sombre dans l’inconscience. Parce que c’est pour son bien. C’est parce qu’il l’aime. Chaque nuit.

« - Ne te fais aucune illusion en pensant qu’un jour … quelqu’un viendra te sauver …. »

Il avait mal. Si mal. Caïn hurla et ses canines effilées se plantèrent dans sa lèvre inférieure. Un filet de sang coula sur son menton. Toujours prisonnier de ses songes, le jeune homme ne parvenait à s’en dégager, engloutit, attiré irrésistiblement dans les limbes obscures de son esprit. Il ne pourrait s’en sortir seul. C’était un hurlement de bête sauvage, celui d’une souffrance trop longtemps refoulée et jaillissant dans un cri primitif. Mais dans ces cas-là, seul la Comtesse et les serviteurs du Comte pouvait pénétrer dans la Chambre Ecarlate. Etait-ce la nuit ? Le jour ? Il ne fallait pas appeler de médecin. Surtout pas.
Hurlement ébranlant la demeure.


[Inspiration Baudelaire/Inspiration Bible]

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Edwin



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MessageSujet: Re: De Profundis Clamavi [With Edwin]   Dim 1 Juin - 12:35

Edwin avait passé une sale journée. Il n’avait fait que courir à droite à gauche pour rendre service à son maître. Le garçon en avait assez de jouer aux soumis, assez de se faire passer pour ce qu’il n’était pas, assez d’obéir au Comte. Le jeune homme ne supportait plus du tout la vie qu’il menait. Il n’avait même pas réussit à se réfugié dans la bibliothèque. Pas le temps. A peine arrivait il devant la porte qu’on l’appelait déjà pour autre chose. La journée avait été un véritable Enfer sur terre. En même temps, ce n’est pas comme si c’était la première fois que c’était comme ça.

Cela faisait depuis plusieurs années que sa vie n’était plus ce qu’elle devait être. Dès lors qu’Edwin ne faisait plus parti des nobles, il n’avait jamais vécu de choses joyeuses. La mort de sa mère, celle de sono père. La montée en richesse de son frère qui l’avait enfermé dans une pièce, puis vendu en tant qu’Esclave. Son arrivée au manoir, la mort de sa propriétaire, sa vie d’homme à tout faire et, pour finir, serviteur du Comte. Qu’est ce que le jeune homme ferait pour regagner sa place. Mais ça ne risquait pas. Et l’adolescent le savait.

Bref, Edwin était dans les dépendances, debout, dans un coin de la pièce. La majorité des personnes dormaient, ou essayaient. Toutes, sauf lui. Appuyé contre l’endroit le plus proche de la porte, les bras croisés, un pied au sol, l’autre sur le mur, la tête baissée, ses mèches retombaient sur son visage. Le seul moment de la journée où il pouvait être tranquille…ou presque. Entendre les ronflements des autres est assez énervant, mais bon… Cet instant, le jeune homme l’appréciait. Il aimait ce calme, cette obscurité. Restant ainsi, pensant à son passé, durant quelques heures, le garçon se décida à aller dormir un peu.

Arrivé devant un petit lit, loin d’être confortable, il déboutonna sa chemise blanche pour la retirer et la poser sur le côté. Edwin enleva ensuite son pantalon noir pour le mettre sur sa chemise se retrouvant en caleçon. Il attrapa un autre bas, noir également, mais fait d’un tissu plus fin et plus confortable. Enlevant son élastique qui retenait ses cheveux et le mit autour de son poignet. Sa chevelure cascada sur son dos. Ils étaient soyeux et doux, il n’en prenait pas particulièrement soin mais bon… Ainsi, le garçon ressemblait plus à une fille que d’habitude. S’en était assez frustrant.

En soupirant, il se glissant dans son lit. Les mains derrière sa tête, les yeux fermés il se rappelait. Il se rappelait des moments passés dans la pièce, sombre. Il n’avait pas plus de quinze ans à cette époque. Cette période fut un véritable traumatisme pour lui, bien qu’il n’en laisse rien paraître. Le voir parler de son passé est rare, très rare, presque impossible. Des flashes se bousculaient dans sa tête. La porte qui s’ouvre doucement, laissant entrevoir un peu de lumière. De longs cheveux noirs, un visage malsain, des yeux rouges le regardant avec une expression supérieure, son frère, Caleb. Ce dernier susurrait des paroles peu rassurantes. Edwin était recroquevillé sur lui-même, ses bras entourant des jambes, sa tête posée sur ses genoux, il pleurait. Son frère, agacé, arrive vers lui, et lui flanque, un coup, deux coup, trois coups de pieds, et d’autres s’en suivent.

La majorité des nuits se passaient ainsi. Pourtant, aucunes traces, cicatrices ou autres n’est présente sur son corps. En le voyant, on pourrait croire que le jeune homme a vécu une enfance agréable, sans embuches, loin de là. Mais, ça, personne n’est sensé le savoir. S’endormant peu à peu, il sombra en quelques secondes dans un sommeil profond…ou pas. Un cri retentit dans tout le manoir. Cela venait de la chambre du Comte, ne pouvait on pas laisser Edwin dormir tranquillement ? Entendant les protestations, il se leva, avec du mal et se précipita, sans même prendre le temps de mettre sa chemise dans la pièce d’où s’échappait le cri.

Sur le lit se trouvait le Comte, qui avait l’air d’un enfant sans défenses. Reprenant son masque de soumis inquiété, Edwin s’approcha, doucement du lit. Edwin s’assit à côté de son supérieur et le redressa un peu. Celui-ci était plein de sueur, apparemment, il avait fait un songe loin d’être agréable. Le serviteur tandis un chiffon trempé dans de l’eau froide. Puis d’une petite voix, calme, il commença à parler à Caïn.


« Calmez-vous, monsieur. Que vous arrive-t-il ?

*Dommage que tu ne sois pas mort dans ton sommeil, ça m’aurait arrangé ça*

Edwin épongeait le front de son maître calmement. Si Caïn ne regardait que son visage, il aurait pu croire que se tenait devant lui, une jeune fille. Mais le garçon était torse nu, et, ne s’en était toujours pas aperçu. Bref, essayant de calmer le Comte il se demandait bien quel rêve avait il put bien faire pour le mettre dans cet état là. Sûrement quelque chose d’effroyable mais cela intriguait quand même pas mal le serviteur.
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Comte Caïn
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MessageSujet: Re: De Profundis Clamavi [With Edwin]   Mer 4 Juin - 9:30

Les dents plantées dans sa lèvre inférieure, il a cessé de hurler. Il sursaute. Battements de paupières, battements d’ailes de papillon. Un instant, une lueur rouge illumine ses yeux, l’espace d’une seconde –c’est imperceptible- puis redeviennent de leur gris si pâle. Il se sent démunis, à la manière d’un enfant, et son regard reste fixe. Fixé au plafond. Perdus dans les volutes complexes noires et blanches s’entrelaçant dans une sorte de danse magique, et il sent quelque chose qui l’attire vers le haut. S’il pouvait seulement devenir l’une d’elles. Caïn ne comprend pas ce qui se passe. Ce qui s’est passé. Il ne parvient à maîtriser le flot de sentiments qui s’est emparé de son esprit. Il n’a réussi que difficilement à s’extirper de cet univers trop réel … dont il ne veut pas se souvenir. Et maintenant, il flotte, ne pense plus à rien mais se sent mal, encore. Il a eu peur, cette peur, la même qui le dévastait lorsqu’il était petit garçon. Il haït cette peur qui prend possession de son âme et ne le lâche jamais ou presque. Celle dont il ne peut se sortir seul, qui l’avale tel un gouffre, où il s’enfonce toujours un peu plus chaque jour. Et du fond de cette abîme, il hurle, il hurle de toute son âme, jusqu’aux larmes. Alors pourquoi personne ne l’entent-il ? Pourquoi personne n’y prête attention ? Il comprend pourtant. Il ne peut leur en vouloir a tous, et encore moins à Satine qui l’évite, car il lui a fait … du mal. Elle l’aime toujours mais elle lui en veut, elle ne lui pardonnera pas. Alors qu’est-ce-qui l’a sorti de … ça ?

" Calmez-vous, monsieur. Que vous arrive-t-il ?"

Ces paroles … ont été prononcées par qui ? C’était une voix, une jolie voix douce et masculine. Lui, il tourne sa tête encore douloureuse, le sang bat à ses tempes. Le sang … Est-ce un homme ou une femme penché au-dessus de lui, qui se tient à ses cotés et qui l’a aidé à se redresser ? A en juger par les longs cheveux bruns, il pencherait pour le sexe féminin, cependant, en observant le gracieux visage aux traits réguliers, on devinait en lui un garçon. Même si les contours fins paraissaient légèrement féminins. Voir quelqu’un à ses cotés surpris le jeune Comte. Ses yeux fantomatiques observaient le visage étranger. Il ne comprenait pas grand-chose, son esprit étant encore perdu dans les brumes, mais, il y a au moins une chose qui ne lui échappa pas : Le jeune homme n’appréciait pas Caïn. Son maître. Puisque c’était un de ses serviteurs. Edwin. C’était normal, ou ce n’était pas inhabituel qu’on ne l’aime pas. Il ne s’en réjouissait pas, il ne s’en affligeait pas. Mais il était venu et c’était tout ce qui comptait. Quelqu’un avait été alerté.

Le sang coulait encore de ses lèvres sur son menton. Il passa le dos de sa main gauche, puis fit courir ses doigts sur les profondes entailles, et avec un regard de défi, porta sa main à sa bouche. Appel irrésistible, celui du sang. La même couleur que prirent ses yeux à cet instant. A présent, ce n’est plus une simple lueur mais son regard de … créature. Comment des yeux si clairs, si purs peuvent-ils prendre un éclat contrastant tellement avec leur couleur originelle ? Et la pénombre de la chambre prouve que l’on est à une heure … dangereuse. La nuit est tombée … Caïn plonge son regard flamboyant dans celui de son serviteur, dans les yeux bleus envoutants. Leurs regards sont hypnotisant, aussi bien l’un que l’autre mais d’une manière différente.
Il savait qu’il n’aurait pas du approcher le jeune homme, il l’avait senti dès le premier pas de celui-ci à l’intérieur du Manoir. Il avait fallu surmonter ses instincts et … seul … « Elle » … savait combien c’était difficile. Car elle aussi avait du fuir Edwin. Il savait qu’il devait tout faire pour ne pas l’approcher, à aucun prix il ne devait se trouver en sa présence. Il lui avait donné ses ordres par l’intermédiaire de ses autres serviteurs et s’il lui avait confié tant de « missions », c’était pour ne pas s’en prendre à lui. Alors Edwin pouvait bien le détester autant qu’il le pouvait, s’il l’avait tant chargé, il avait évité, jusqu’à maintenant, cette rencontre. Car il savait qu’il finirait par succomber. Il savait qu’il replongerait dans la spirale infernale de l’appel du sang. Et ce jeune homme possédait le sang pur d’une grande lignée d’humains auquel une créature tel que lui ne peut résisté. Ce n’était pas un sang mêlé et ça, il pouvait le sentir de la même façon qu’il voyait, qu’il comprenait … la souffrance. Et son étrange regard plongé dans celui du garçon, il sentait la douleur, une souffrance similaire à la sienne.


- Je sais … ce que tu ressens …

Le jeune Comte passa alors son bras gauche au cou du garçon –par-dessus son épaule- et posa sa main droite sur le mince torse nu, sur le cœur. C’est chaud, la vie y coule à flot. Cette chaleur, c’est ce qu’il aime chez toutes ces créatures à l’âme pure. Il voudrait s’y envelopper à jamais afin de réchauffer son corps, son cœur et son âme transi. S’y réchauffer d’un Amour pur, celui qu’il ne connaîtra sans-doute jamais. Ses canines luisent doucement à la lueur d’une bougie presque consumée. Ils sont de même carrure mais lui … sa véritable nature … lui donne une force inhabituelle, un pouvoir envoutant qu’il a testé une fois, une seule fois sur un humain. Et il s’était juré de ne plus jamais recommencer sur « eux ». Il s’en était présenté peu au Manoir des humains appartenant à des familles au sang non-croisé. Il avait toujours su s’éloigner de ces rares personnes. Pourtant, que s’apprête-il à faire maintenant ? Cette force qui l’attire inexorablement, il ne peut y résister. Il avait tenu de toutes ses forces, il n’avait pas bu une seule goutte de sang humain depuis « ce jour ». Seulement du sang animal. Mais ce n’était plus suffisant. Il ne supporte plus la tentation qu’il réfrène depuis tant d’années. De jour en jour, il sent ses instincts redevenir ceux d’une créature des ténèbres. Il doit d’arrêter car il sait qu’il va faire ce qui est interdit. Il sait qu’il est à bout physiquement et psychologiquement, quoi qu’il arrive, il n’aura plus le contrôle sur son esprit. Si cet homme parvient à résister au désir vampirique de Caïn, lui, il pourra peut-être … Mais il est trop tard. Le regard envoutant à déjà produit son effet. Edwin ne résistera probablement pas. Goûter le sang d’un être vivant ne transforme pas celui-ci en vampire, cela sert seulement à le nourrir. Ce n’est pas comme ça qu’ « Elle » aussi l’est devenu. C’est d’une voix douce que Lord Caïn s’adresse à celui qu’il tient dans ses bras :

- Pardonne-moi …

Mais il en a besoin. Il n’est pas de péché plus lourd pour un humain que d’offrir ou donner son sang pour prolonger la vie d’un vampire. Et il n’est pas péché plus lourd pour ce vampire que d’accepter ce don. Toutes ces contradictions lui font mal. Esprit tortueux et torturé, il ne peut résister. Que se passera-t-il … après ?

- … Faisons ensemble l’Impardonnable …

Se penchant lentement, doucement ses canines se plantent dans la fine gorge du jeune homme. Caïn sait qu’il s’en voudra. Il sait aussi qu’Edwin lui en voudra. Vraiment. Au risque de mal finir l’histoire.

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MessageSujet: Re: De Profundis Clamavi [With Edwin]   Ven 6 Juin - 20:43

Edwin soulevait doucement le Comte. Non, qu’il tenait particulièrement à lui, voir pas du tout en fait, mais, le garçon ne voulait pas se mettre tout le monde sur le dos sous prétexte de ne pas s’être bien occupé d’un des maîtres du manoir. D’ailleurs, en y pensant bien, c’était la première fois pour l’adolescent qu’il était si proche de son supérieur. Au sinon, ce n’était que de loin qu’il le voyait. Bah ! Ca l’arrangeait après tout. Si les deux hommes s’évitaient cela permettrait bien un jour au serviteur de s’échapper non ? Eh oui ! Cela fait bien trois ans que le garçon essaye de partir d’ici. De tuer son frère et lui voler la place. Ce serait une chose tellement bien…mais irréalisable, du moins, pour la deuxième partie. Bref, le Comte saignait de la lèvre, il s’était mordu si fort que ça ? C’était ce qu’Edwin croyait, le garçon n’avait pas vu les canines effilées.

Doucement, Ed’ prit un petit mouchoir, écarta la main du Comte qui était sur sa lèvre et essuya délicatement. Ralala ! Quel hypocrite il faisait ! Mais…qui ne l’était pas. Après tout, il fallait bien ça pour pouvoir s’échapper tranquillement. Si le garçon était trop rebelle, on lui mettrait quatre cent mille gardes sur le dos. Lorsque Caïn ouvrit les yeux, Edwin fit un léger sourire, presque inexistant, mais…en même temps, il est si rare qu’il sourie que c’était pratiquement un miracle qu’il le fasse à une personne qu’il n’appréciait guère. C’est alors que les yeux du Comte devinrent rouges. Rouge vif, ou plutôt rouge sang. Il n’arrivait pas à différencier à cause de la pénombre, mais en tous cas, cela n’avait rien de normal. C’était impossible que des yeux gris puissent devenir d’une telle couleur. Les deux hommes se regardaient, dans les yeux, l’un aux yeux bleus purs et glacial, l’autre aux yeux rouges, étranges. En tous les cas, leur regard à tous deux étaient loin d’être rassurant.

Edwin, en défiant le Comte du regard, commençait à se sentir un peu bizarre. Ce n’était pas normal. Habituellement, c’étaient les autres qui baissaient le regard ou devenaient comme hypnotisés lorsqu’ils croisaient le sien, mais là, c’était tout à fait le contraire. Le jeune homme était complètement captivé par les yeux de Caïn. Quelle étrangeté, le garçon avait l’impression de perdre ses forces. Peut être était-ce à cause du fait qu’il n’avait dormit que trois heures depuis deux jours. Les cauchemars sont horribles, lorsqu’on a eu un passé mouvementé. Et le Comte n’oubliait pas de l’assommer de travail ! Ca non ! A croire qu’on s’acharne sur lui. C’est alors que Caïn dit quelque chose qui surpris au plus au point Edwin. Ce qui avait provoqué cette surprise n’était autre que ces paroles :


« Je sais… ce que tu ressens…

- Comment pourriez-vous ?! Vous ne pouvez dire de telles paroles ! Vous avez toujours vécu dans la richesse et n’avez rien perdu ! Alors dites-moi COMMENT pourriez vous comprendre ce que je ressens ?! … Ex…excusez-moi, je me suis quelque peu emporter.

Edwin baissa un peu les yeux, prit le visage d’un enfant, qui venait de faire une bêtise et qui avait honte, et peur que ses parents voient ce qu’il avait faite et le gronde. Le Comte passa son bras par-dessus l’épaule de son serviteur pour toujours sa poitrine, au dessus de son cœur. Ce dernier battait assez rapidement, le jeune homme reprenait encore son souffle. Une chaleur ? Certes, une âme pure ? Non, Ed’ n’avait rien de pur, à par sa virginité peut être… Une canine brilla un peu en rencontrant la lumière produite par une bougie, cette dent était bien plus grande et effilée que la moyenne ! Comment était-ce possible là encore ? Le Comte serait-il un vampire ? Impossible ! Il existait certes, dans ce monde, bon nombre de créatures mais…tout de même ! Le jeune homme, succombait, peu à peu, au regard effrayant du Comte.

« Pardonne-moi… »

Edwin ne put rien répliquer. Ses paupières devenaient un peu lourdes, comme s’il allait dormir, mais, Ed voulait rester éveiller. D’ailleurs, il ne s’endormait pas. Les paroles du Comte résonnaient dans sa tête « Je sais ce que tu ressens, pardonne-moi » Que de paroles frustrantes, qui était donc Caïn ?! Cet homme n’était pas normal, ça, le jeune homme le savait, mais de là à changer la couleur de ses yeux, et avoir des canines surdimensionnées ! L’adolescent n’en revenant pas. La tête du garçon tomba peu à peu, sur le côté et vint s’appuyer sur le bras du Comte. Ce dernier prononça alors de dernière paroles.

« …Faisons ensemble l’Impardonnable… »

Edwin sentit alors le Comte se pencher sur son cou et y planter doucement ses canines effilées, bizarrement, ce n’était pas très douloureux, le jeune home ne sentait presque rien, à part qu’il sentait ses force s’en aller ça allait. Le garçon ne bougeait pas, ou n’arrivait pas à bouger durant dix secondes. Ce petit temps passé, il releva la tête, poussa fort (enfin, pas tant que ça) le Comte et s’éloigna du lit en se tenant le cou. Le sang coulait tout le long de son bras, cet endroit était, certes irrigué mais…quand même ! Pour une fois depuis bien longtemps, Edwin avait peur. Il était complètement paralysé, quel était cet être se tenant devant lui, comment pouvait on boire ainsi le sang d’autrui. Ainsi étaient les Vampires : des monstres prenant la forme humaine. Soudainement, le jeune homme tomba, d’abord à genoux puis il fut totalement allongé sur le sol. Presque recourbé sur lui-même, la perte de sang, avait, apparemment été trop importante, et ça continuait toujours de couler. Edwin avait perdu connaissance.

[HRP : désolé, j’aime pas du tout ce que j’ai écrit >.<]
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MessageSujet: Re: De Profundis Clamavi [With Edwin]   Dim 8 Juin - 20:07

Douloureuse extase du sang coulant à flot dans sa gorge. Un sang pur encore jamais souillés des lèvres ni des canines d’un autre. La tentation avait été si forte … il y avait succombé. Et maintenant, il se retrouvait seul, assis dans son immense lit, seul avec son mal-être et l’écho des mots tranchants que le jeune homme lui avait jeté à la figure. Bien sûr qu’il avait toujours vécu dans la richesse, sa jeunesse et encore à présent, bien sûr que le luxe avait toujours été son environnement naturel, cela garantissait-il pour autant le bonheur ? Qu’avait-il perdu ? Rien. Il n’avait jamais rien eu à perdre. Le bonheur, sa mère, sa grande sœur, une enfance heureuse, il n’avait jamais connu tout ça. Même sa conception et sa naissance furent entachées de malheur. Satine, elle était là pourtant, mais elle ne le supportait pas car il avait fait d’elle … Ce qu’elle était à présent. Et il y avait eu lui, cet homme sinistre qui avait de lui une créature de l’Enfer, une créature à visage humain, mais assoiffée de sang. Caïn se haïssait, autant qu’il haïssait cet homme. Et il devait vivre avec ce sang maudit dans les veines, pour le pire, jamais pour le meilleur. Mais il ne commettrait plus jamais l’erreur de reproduire celle de l’homme. Celui à qui il avait toujours obéi sans jamais se révolter. Ne rien dire face aux tortures, ne pas supplier d’arrêter au risque de voir le supplice se prolonger. Ne pas bouger, ne pas pleurer. L’Amour, le bonheur n’ont jamais existés.

Barbouillé du sang d’un autre, Caïn reste prostré, tête baissée, les yeux dans le vide. Pourquoi faut-il que la moindre parole le rappelle à son passé ? Edwin avait essuyé le sang coulant de ses lèvres quelques minutes auparavant, et voilà que maintenant, ils s’en trouvaient souillés à nouveau, tout les deux cette fois. Le jeune homme s’était arraché à son étreinte, à la morsure, grâce au peu de force qui lui restait. Puis il était tombé à genoux et s’était évanouit sur le sol. Il lui avait pris beaucoup de sang, beaucoup trop. Il l’avait anémié.
Le jeune Comte posa les pieds à terre et se leva dans un soyeux froissement des draps. Son mince corps à la pâleur lunaire était aussi élancé que celui d’un félin, irradiait la puissance de la panthère. Mais il y avait ces cicatrices sanglantes venant troubler la composition tranquille de ce corps opalin. Il s’en voulait … tellement. Ce comportement bestial qui faisait de lui une créature inhumaine, à l’âme obscurcie de ténèbres, il ne pouvait que se maudire. Il y avait aussi cette solution, celle qu’il s’était juré d’exécuter si jamais … il replongeait. Il le ferait, après s’être assuré que son serviteur s’en sortirait. Caïn s’agenouilla à ses cotés et entoura de ses bras le corps inanimé, caressa doucement de sa main droite -celle qui était restée aussi blanche que neige- la chevelure nuit.


- … Pardon …

Ces mots que l’on prononce si facilement, souvent à la légère, lui, il les avaient murmurés avec toute la sincérité de son cœur enténébré, avec les larmes qu’il ne pouvait pleurer, avec la force des mots qu’il ne faut sous-estimer. Avec une infinie douceur, il souleva dans ses bras le jeune garçon, aussi facilement que s’il portait un enfant, afin de le déposer sur le lit, la où les draps n’était pas ensanglantés et trop froissés. Il effleura des doigts les deux trous percés sur le cou, marque des canines, le sang sur son torse et qui avait coulé le long de son bras lorsqu’il avait tenté d’en arrêté le flot. Il avait à présent cessé. Car une morsure de vampire ne met pas longtemps à cicatriser. Puis ne pas attendre qu’il se réveille. Cela lui ferait bien trop plaisir d’assister à la mort de son maître. Comme cela aurait fait plaisir à … son père, soulagé Satine, libéré de leurs chaînes les serviteurs. Et il sait que lui, il aurait plus mal encore. Il préférait mourir face à lui-même, en confrontation à son âme, son cœur, son passé. Face au vide de son avenir inexistant, au vide et à l’obscurité de sa vie. Tout est si confus dans son esprit. Si seulement il avait su pleurer comme autrefois … Vampire. Et oublier … tout. Contemplant un instant Edwin de son regard redevenu gris, il eu mal de leurs souffrances mêlées. Il ne pouvait supporter le poids de cette seconde vampirisation. La première fut dure, bien plus, mais la deuxième était celle de trop. Il y avait un moyen de tuer les vampires. Il oublierait tout car c’était ce qu’il avait toujours désiré.
Une petite commode au fond de la chambre, il trouverait à l’intérieur ce qu’il voulait, ce qu’il n’avait jamais eu le courage d’utiliser. Crossing Danger, Bloody Rose. Il retira le cran de sécurité de son pistolet, ses mains ne tremblaient pas. Le canon vint s’appuyer contre la gorge du vampire, contre sa peau teintée de sang. Cette arme est spéciale : Elle ne peut blesser d’humains, elle fut conçue pour tuer les créatures de son espèce. Il fait froid, si froid … son corps est glacé et il frissonne, vêtue seulement du pantalon de toile noire enfilé à la hâte. La mort ne l’effraie pas, le doigt sur la détente, une pression suffira. Encore une fois mais pour lui-même, pour le salut de son âme, il murmura :


- Si je ne puis verser de larmes … Que tout ceux que j’ai blessé me pardonne …

Et que les éclats du noir cristal de son cœur s’éparpillent au grès du vent. Il ferme les yeux.
Ce soir dansent les ombres du passé.
Ce soir dansent les ombres du monde.

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Dernière édition par Comte Caïn le Lun 18 Aoû - 17:57, édité 1 fois
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Edwin



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MessageSujet: Re: De Profundis Clamavi [With Edwin]   Lun 21 Juil - 14:11

Qu’était-ce ? Où était donc le jeune homme ? Il était dans la chambre du Comte, puis…que s’était-il passé ? Du sang, oui, mais quoi aussi ? Une morsure, un vampire, des yeux rouges, une sensation de froid, puis, plus rien. Edwin était-il mort ? Non, il voyageait entre les deux. Il avait froid, oui, très froid. Pourquoi ? Le garçon ne comprenait rien. Toujours habillé, ses vêtements n’étaient pourtant pas tâchés ne sang. Le serviteur regarda autour de lui. Il était dans un espace vide, noir, juste lui, seul…ou pas. Une voix, oui, il entendait une voix, grave et suave. Qui était-ce ? Bonne question, une personne immatérielle, un rêve ? Oui, sans doute. Cette voix, le garçon la cherchait. Tournant autour de lui-même, ses yeux froids scrutaient l’ombre, il avait peur, oui, sans doute. Très peur, que se passait donc ? Peu à peu, sa chaleur corporelle revint, et l’adolescent put distinguer ce que disait cette voix :

« Serviteur…Sang…Vie…Mort.

-Qu…Qui est là ?! Que racontez vous !

-Kukuku…pauvre petite chose, insignifiante…

-Que se passe-t-il ?! Qui êtes vous !

-Il ne se passe rien, je ne suis personne.

-Je ne comprends rien ! Expliquez moi !

Très bien, je vais t’expliquer… »

Après cette explication, Edwin resta muet. Esclave du Comte ?! Pourquoi ?! Lui qui avait toujours rêvé de liberté ! Devenir une simple marionnette juste à cause d’une fichue morsure ! Tout ça parce qu’il était toujours pur…quelle histoire, ça devenait du grand n’importe quoi ! Mais…soudain, une sensation envahie le corps du jeune homme, qu’est ce que c’était ? C’était quelque chose qu’Edwin n’avait jamais connu, non, jamais…la soumission. Lui, qui avait toujours fait ce qu’il voulait, ou presque, qui, à un temps, se faisait obéir de tous ses caprices, allait devoir obéir à un être qu’il détestait tant ? Mais bizarrement, ce sentiment de haine s’était atténué depuis qu’il s’était fait mordre. Puis…il revint, peu à peu de son rêve.

A vrai dire, seulement quelques minutes s’étaient écoulées dans ce monde. Mais Edwin était toujours inconscient, mais beaucoup plus paisible. Mais, le garçon ne tarda pas à se réveiller. Toujours un eu sonné tout de même. Son premier geste fut de tenir son cou, à l’endroit de la morsure…rien, déjà cicatrisé ? Tout de même, le serviteur espérait que cela ne laisse pas de trace sur son cou, ce serait dommage, lui qui n’avait pas une seule marque de blessure sur son corps. Passons, regardant autour de lui, il mit un certain temps à réaliser que le Comte s’apprêtait sûrement à se tirer une balle. Son sang ne fit qu’un tour, ses yeux changèrent d’expression, son cœur battait à toute allure, fléchissant ses genoux, en une allonge, le nouveau vampire arrivait tout près de son maître. Sa main part d’un mouvement brusque…le pistolet vole pour finir sa chute à terre. D’une voix rageuse, Edwin crie presque ses paroles :


« Que comptiez vous faire ! Si vous regrettez tant ! Ne mourrez pas stupidement ! Si vous voulez être pardonné, ne laissez pas couler votre sang si précieux ! Comment pourrai-je regagner ma liberté, sinon ! Moi, a qui vous avez détruit tout espoir de m’enfuir ! Ne soyez plus jamais aussi égoïste ! Je ne pourrai le supporter…mon maître. »

*Mon maître ?! Suis-je devenu fou ?!*

En effet, la fin de sa phrase n’été pas désirée…mais le jeune homme l’avait tout de même dite, bizarre tout ça. Et puis, ces paroles ; jamais Edwin n’aurait dit ça habituellement. Normalement l’adolescent aurait arraché le pistolet des mains de son possesseur et l’aurait pointé lui-même sur la tête de Caïn et aurait dit quelque chose du genre : « Tu voulais mourir ? Tu seras servi ! » C’était sûr, le garçon n’était plus le même. Peut être que le Comte ne savait pas que son serviteur allait se réveiller, peut être était il étonné de le voir toujours vivant et en très bonne forme. Peut être ne savait-il pas que son esclave était encore pur. Mais, à présent, le maître savait…sûrement.

Edwin avait soif, il avait faim, pourtant, le garçon avait bien mangé…son repas ne remontait qu’à quelques heures, une ou deux, pas plus. Alors…pourquoi. Un éclair traversa son esprit, de sa main, tremblante, le jeune homme alla toucher ses canines. Elles étaient pointues…beaucoup trop pointues, et aiguisées aussi, tellement aiguisées que le doigt saigna. Le serviteur regarda avec effroi sa main tremblante, mais il y avait autre chose, une odeur, une odeur qu’il ne connaissait pas, mais qu’il appréciait. Le vampire ne mit pas longtemps à comprendre que c’était son sang si sentait ainsi. Approchant sa blessure vers son visage, le garçon lécha sa plaie. Délicieux…mais…prit d’une peur soudaine, le jeune homme s’éloigna. Comment pouvait-il aimer ça ?! N’était-il plus lui-même ?! Sa peur se transforma en effroi. Puis, sans s’en rendre compte, une larme perla au coin de son œil et dévala sa joue, et quelques secondes plus tard, il était dans les bras du Comte, sanglotant comme un enfant, effrayé par sa nouvelle nature…
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MessageSujet: Re: De Profundis Clamavi [With Edwin]   Mer 23 Juil - 11:49

[Il passe un vent de toute beauté sur l’Enfer.
La Tour du Pin]

Et pourtant, on ne tue pas un vampire si facilement. L’arme ultime gisait à présent au sol, inoffensive. Que s’était-il passé ? Tout était allé si vite cette nuit … Une véritable nuit de fous ! Et puis, il avait encore … fait … le Mal. Mais la main prompte de son serviteur l’avait empêché de faire un autre bêtise, et surtout, l’avait empêché d’être égoïste à nouveau. Pourtant, cela aurait éviter au mal de se propager encore un peu plus … Mais comment Caïn aurait-il pu prévoir que le jeune homme allait être enchaîné à lui plus qu’il ne l’était déjà ? Comment aurait-il su qu’Edwin était toujours pur ? Auparavant liés par des relations physiques maître/serviteur, à présent enchaînés par des liens d’esprit pratiquement incassables. Ce n’était plus un simple statut d’humain les liant mais quelque chose de bien plus complexe, un lien de … sang, faisant d’Edwin plus que jamais un serviteur dépendant de son maître, dont le droit de vivre dépend de l’autre. Ca n’aurait pas du se passer ainsi. Ca n’aurait jamais du arriver. Il n’avait jamais voulu ça. De toute façon, il n’avait jamais voulu de tout ce qui lui était arrivé. Et plus que tout, il ne voulait pas de cette « vie ». Il était maintenant trop tard pour se lamenter. Il ne devait pas être égoïste au point de s’apitoyer sur son sort alors que le jeune garçon en face de lui souffrait. Et il savait reconnaître une véritable douleur, de celle qui vient du cœur et non du corps. De celle qui vient de l’âme et non des larmes. Ce jeune homme qui ressemble à une fille avec ses yeux mélancoliques et sa longue chevelure nuit. Comment n’avait-il pas deviné ? Que si ce sang lui avait paru si attirant, ce n’était pas seulement de par sa race, mais aussi parce qu’il était encore pur, simplement. A la manière d’un agneau. A la manière d’une jeune fille. Il avait oublié le goût du sang pur, lui, sang impur. Celui dont il s’était abreuvé une seule fois dans sa vie. Ce jour où il s’était juré de ne pas recommencé. Promesse rompue, chère malédiction, tu m’as encore frappé. Torture. Il y avait cédé. Torture par le sang de Satine. Toujours pure, elle fut alors dévouée à lui. Contre sa volonté. Il n’en avait pas abusé. Lien désormais cassé. Torture. Il se savait faible, alors pourquoi ne pas s’être donné la mort avant ça ? Faiblesse. Il avait une seconde fois provoqué l’impardonnable.

La transformation se déroulait à une vitesse fulgurante. Ca aussi il l’avait oublié. Et dans la toute première action de dévotion du serviteur pour son maître, Caïn avait remarqué les puissantes et immaculées canines d’Edwin. Au final, il s’était fait sermonner une seconde par ce dernier. Un des seuls qui osa élever la voix contre lui dans ce Manoir. Etrangement, cela lui procura une agréable sensation dans l’estomac. Il ressentait ça comme une façon de s’intéresser à lui dont il n’avait pas l’habitude et … il devait bien se l’avouer, cela l’atteignait plus qu’il ne l’aurait voulu. C’était cependant simplement à cause de cette nouvelle relation, il en était conscient.


« …mon maître »

Caïn reçut un coup à l’estomac, au cœur. Il ne pouvait décrire ce qu’il ressentit à cet instant précis. C’est là qu’il prit réellement conscience de toute cette nuit. Jamais un serviteur ordinaire n’aurait utilisé cette appellation. La Nuit. Vampire. Le Sang. La Mort … ? Satine elle-même ne l’avait fait. Dépendance. Puissance. Que de sentiments s’entremêlant. Et puis … ça. Qui lui tordait les entrailles, lui serrait le cœur et faisait hurler son âme. Sentiment inconnu. Et qu’il ne voulait pas connaître. Proche de la haine, à quelques nuances près. Et pourtant si différent. Il aurait aimé sans tenir là … Il ne voulait pas s’attarder sur ce qui pouvait le rendre … vulnérable. La haine était bien plus simple à maîtriser et bien qu’étant destructrice, elle le consolait et ne l’effrayait pas. Car ce que les hommes ne savent pas, c’est que pour haïr les autres hommes, il faut déjà se haïr soi-même. Et comme il se haïssait …

Plongé dans le courant tumultueux de ses sentiments étranges, il ne s’aperçut pas immédiatement de la tempête faisant rage à l’intérieur d’Edwin. Seul l’éclatant scintillement d’une larme à la lueur de la Lune lui fit en cet instant prendre conscience de l’étrangeté de cette situation. Tout était bizarre ce soir, et il prenait conscience de beaucoup de choses. Une larme qui roula doucement sur la joue pâle. Une véritable larme, ce celles que l’on retient trop longtemps, qui tombent directement derrière le masque du visage pour tomber dans le cœur.


- La Luit se lève, la Lune s’élève …

Une nouvelle Nuit éclairée par la Lune. Ou plutôt, le jour qui se lèverait bientôt. Les plus mauvais matins … Combien de temps s’était-il écoulé depuis le cauchemar ? Par combien d’états d’âme étaient-ils passés ? Plus de repères, tout se confond, tout se mélange, tout est flou.
Avancer sans repères. Le jeune androgyne se précipita dans les bras de son maître, sanglotant à la manière d’un enfant. Caïn sentait contre lui la poitrine se soulevant et s’abaissant au rythme précipité du souffle sanglotant. Il sentait la peau douce et parfaite contre sa peau nue et frissonnante. Il sentait les longs cheveux soyeux lui caressant les épaules. Deux fées d’une pâleur lunaire. Le jeune Comte passa ses bras autour du garçon.

Pourquoi pleurer dans ses bras ? Alors qu’il se savait haït … Pourquoi ne pas lui cracher toute sa haine ? Ce serait si simple … Moins déroutant … Et cependant, c’était agréable de sentir cet être fragile en plein désarrois tout contre soi. De pouvoir comprendre et consoler. Ou de pouvoir profiter … ? Tester de nouvelles sensations de nouveaux sentiments. Etre aussi douce qu’une fille … A quoi pensait-il ? Il savait parfaitement qu’Edwin ne pourrait jamais l’apprécier, ni même le supporter. Mais peu importait, il ne demandait pas grand chose. Et dans un murmure au creux de l’oreille, il chantonna :


- Même si tu mens, même si tu fais semblant, ne m’en veut pas, reste encore près de moi …

Le feu coulait dans ses veines de glace. Humain de glace, Vampire de feu. Voltige de ses doigts dans les cheveux noirs. Noirs bleutés, contraste, comme les siens étaient blancs argentés. Voltige de ses doigts sur la peau délicate et opaline. Caresse. Voltige de ses doigts sur les lèvres de cerise, sur les canines pointues. Essuyer ces larmes qui coulent à flot. Et ce sang si délicieux, si tentant. Lèvres rouges sang, ou rouges de sang. Comme les siennes. Parce qu’ils ont tout deux fait couler de leur sang. En se mordant les lèvres dans un cauchemar, en se mordant le doigt dans la découverte. Regard fuyant , ne pas affronter l’autre, ne pas s’avouer ce que l’on fait. Il approcha ses lèvres, doucement, de celles de l’autre. Parce qu’il y a ce sang si tentant. Et pourquoi en un baiser na pas boire son sang, sa vie, sa mort jusqu’à la dernière goutte ? Son sang, simplement lécher le sang restant. Pour ne pas lui faire plus de mal. Caresse de sa langue sur les lèvres de son serviteur. Baiser sanglant. Et effrayant. Baiser glacé et brûlant en même temps. Baiser de vampire. Et chantonner encore une fois dans un souffle :

- Je ne te toucherais pas, juste m’endormir avec toi …

Puis planter son regard gris étoilé dans celui bleu azuré. Attendre une réponse, le cœur battant à tout rompre. Sentir une éclaircie y passer, comme un timide rayon de soleil perçant la couche de nuages d’un ciel neigeux ou orageux.

Un vertige … de son âme. Un vertige de son corps. Mais surtout, un vertige de son cœur.

Mais je dirais que je vous aime, Seigneur, si je savais ce que c’est que d’aimer.

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MessageSujet: Re: De Profundis Clamavi [With Edwin]   Mer 20 Aoû - 22:27

Les larmes coulent, inlassablement. Sur ces joues pâles, sur ce beau visage de jeune fille, ces larmes coulent sur un visage innocent, mais commencent dans ces yeux, où résident à la fois la détresse et la haine. Ces yeux d’un bleu magnifique, profond, et qui, depuis si longtemps, a changé enfin réussit à exprimer une autre expression, une autre, différente que celle qui émane habituellement, qui n’est autre que la haine, un regard de glace, sans aucune chaleur, une colère, si forte, résident dans ce corps, corps d’un ange, hélas, l’âme est loin d’être innocente. Dans ce corps, résident de nombreux défauts, rendant cet être d’une beauté de jeune fille, d’une beauté angélique, un être bien détestable. Orgueil, Egoïsme, Envie, Colère et Gourmandise, cinq des sept péchés capitaux ont élus domicile dans ce corps. Mais pourtant, à cet instant précis, ce garçon détestable n’était plus qu’une âme fragile, en détresse, épouvanté par sa nouvelle nature, mais tout de même haineuse, oui, haineuse contre la personne qui l’avait rendue ainsi, la personne à qui, pourtant, l’adolescent s’agrippait, tel un enfant, effrayé, qui se réfugiait dans les bras de sa mère.

« Même si tu mens, même si tu fais semblant, ne m’en veut pas, reste encore près de moi… »

Comment refuser ? Ces mots, sonnaient, à l’oreille du garçon, non pas comme une demande, mais comme un ordre. Il ne bougea pas, enfin du moins, ne s’éloigna pas du maître, il s’agrippa encore plus à cette personne, qui avait fait de lui un monstre. Qui avait souillé son sang d’humain, son sang encore si pur. Edwin relâcha peu à peu l’étreinte, mais resta accroché au Comte, ce dernier faisait jouer ses doigts, dans les cheveux soyeux de son serviteur, de couleur contraire aux siens, qui étaient d’un blanc éclatant, ils étaient beaux aussi, très beaux même. Ses doigts se déplacent, sur la peau douce et sans défauts du garçon, une peau aussi pure que son sang…avant, avant que le sang ne soit souillé. Les doigts arrivent aux lèvres, lèvres fines et pulpeuses à la fois, rouges et douces, des lèvres de jeune fille naturellement. Des lèvres, toutefois, souillées, elles aussi, par le sang. Edwin baissait les yeux, fuyait le regard du Comte…qui le fuyait aussi. La bouche du maître du manoir s’approche de celle de son serviteur, essuyant d’abord le liquide, l’esclave rougit légèrement. Rougir…cela fait combien de temps qu’il ne l’a pas fait, l’a-t-il seulement déjà fait ? Un baiser suit, baiser sanglant. L’adolescent ne le refuse pas, comment pourrait-il ? Mais ne le prolonge pas. Laisse juste faire son Maître, Maître absolu. Mais, pas de dégout, premier baiser pour l’androgyne, le sang coule, mais il a peur, peur de l’essuyer. Le garçon savait qu’il allait y prendre gout, gout au sang, cela l’effrayait d’admettre sa nouvelle nature. Paralysé par cette peur, tremblant et rougissant.

« Je ne te toucherai pas, juste m’endormir avec toi…

-Oui mon Maître. »

*J’ai peur, je ne veux pas m’éloigner de lui, je n’ai plus de forces, je veux juste rester proche de lui, et m’endormir, me sentir en sécurité. Ma haine s’est évaporée, mais elle reviendra, j’en suis certain, en attendant, je veux toujours rester près de lui*

Paroles dévouées, pensées sincères, Edwin n’avait jamais été comme ça. Passé pour un long moment, un serviteur des plus loyaux, adorant ce Comte, qui lui avait pourtant fait du mal, beaucoup de mal. Ses lèvres toujours en sang, s’approchèrent de celles du maître, un baiser, un nouveau, fait, cette fois ci, par le soumis, maladroit mais pur. Suite à ça, sa tête se baissa et se colla à la poitrine de Caïn. Les mains s’agrippèrent au Comte, et les deux corps s’allongèrent sur le lit. L’adolescent se réfugiant dans les bras du Maître. Epuisé par cette soirée, les paupières lourdes, elles se fermèrent, lentement, faisant disparaître ces beaux yeux bleus, désormais sans aucune haine. Mais…dès qu’Edwin ne sera plus avec le maître des lieux, ce qui ne sera pas de si tôt, sa véritable nature reviendra, mais, plus jamais, il refusera quoi que ce soit du vampire. Tombant dans un sommeil profond pour quelques heures encore…

Edwin rêve…ou cauchemarde. Difficile à dire. Les deux parts de sa personnalité se disputent. D’un côté, haineux envers le Comte, et voulant le tuer à tous prix pour se venger de ça, et de l’autre côté, aimant Caïn comme jamais. Il est évident que les deux côtés se mélangeront, mais en attendant que tout cela soit homogènes, le Maître devra supporter quelques petites sautes d’humeurs de son serviteur…


[HRP : Voilà, c’est nul, c’est court et ça n’avance en rien l’histoire, après tant de temps d’attente, j’espère tout de même que ça ira.]
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MessageSujet: Re: De Profundis Clamavi [With Edwin]   Dim 24 Aoû - 18:27

[Si tu pouvais savoir
Quand je pense à toi
Tout ce que je me fais
Rien qu’en pensant à toi.
Le doigt sur ton étoile. Indo]

Il savait qu’il avait certains désirs à assouvir. Ces désirs qui font de lui un homme, ces désirs parfois incontrôlables. Presque un besoin. Mais il savait aussi que le jeune garçon à ses cotés était encore pur. Celui-ci avait déjà subi un choc lors de la transformation, il ne tenait pas à lui en infliger un second. Ou plutôt, pas pour le moment. Car il savait qu’il serait immédiatement happés par cette chaleur passionnelle de deux corps se découvrant mutuellement. Il savait qu’il le conduirait sur les chemins de la dépravation, au point de non-retour. Il les avaient tant suivi ces chemins, avec ses partenaires d’une nuit, tant suivi et il n’en voyait jamais l’extrémité. Ou peut-être ne voulait-il pas la voir la fin, peut-être avait-il simplement envie de s’enfoncer toujours plus loin jusqu’à la mort, cette mort certaine. Mais ce qu’il voulait à cet instant, plus que tout au monde, c’était le corps étendu à ses cotés, le cœur qui y battait et l’âme qui y demeurait, toujours pure. Il la sentait. Il le sentait. Il le voulait, le désirait. Deviner, penser et goûter à cette exquise saveur, celle des rêves obscènes. Ce délice d’un corps brûlant … tout contre le sien. Caïn ferma les yeux. Et se pencha au-dessus d’Edwin. Tortures. Dans le sang des Satalin Leviluke coulait ce goût extrême et ardent pour la torture. Torture de soi, et torture des autres. On aime ce qui est sale. A cet instant, il voulait souffrir, avoir mal. Souffrir de ce corps offert à lui, auquel il ne devait encore toucher … Et pourtant, son serviteur avait lui aussi déposé ses lèvres sur les siennes. Un baiser de papillon, mais un baiser spontané. Connaissait-il ce sentiment qui habitait les nuits animales et sculptait les corps dans leurs beautés primitives ? Il voulait découvrir, toucher, caresser cette peau laiteuse, le souffle court et les prunelles embrasées, de ses mains, de ses lèvres. Exalté. Le découvrir et se laisser découvrir. Malgré les cicatrices, malgré leur nature. Et malgré ce que l’on peut penser de deux garçons ensemble. Même si ce serait loin d’être la première fois. Le désir est destruction, il avait besoin qu’on le détruise. Volupté. Tentation. Et le sang s’y ajoutait, pour qu’il ait encore plus mal. Il voulait sentir l’incandescence de ce soleil noir rayonner sur leurs deux corps réunis. Il souhaitait s’y brûlait les ailes. Et toujours penché au-dessus du désiré endormi, le jeune seigneur ne pouvait qu’observer et se délecter de la beauté pure et sensuelle -malgré elle- sans avoir le droit d’y toucher. C’était souffrance qu’il s’infligeait, c’était souffrance que lui infligeait Edwin. En avait-il conscience ?

Alors il sacrifie ses désirs, ses envies. A l’infini. Maudite faiblesse que le désir de l’homme. Caïn laissa son « amoureux » sur le lit. Parce qu’il ne pouvait lui en demander plus. Parce que la pureté est ce qu’il y a de plus précieux pour une âme immaculée, et qu’on ne doit pas la prendre de force. Elle est précieuse, elle est un don du Ciel à offrir à qui l’on veut. A la personne aimée. Même s’il aurait aimé rester un peu là, même s’il aurait aimé rester contre lui. Et il regrettait tout ce qu’il lui avait fait, et il regretterait tout ce qu’il ne lui avait pas fait. Et peut-être que sans lui, demain ne sera jamais … Puis avec une immense douceur, il réveilla l’ « amoureux » et murmura dans l’oreille, ses cheveux blancs caressant le visage :


- Et lorsque tu seras prêt … je m’enfoncerai avec toi dans la déchéance, avec la dépravation de l’amour …

Encore une fois, il ne put empêcher ses lèvres de goûter avec délices celles de son serviteur. C’était sucré et velouté. Un baiser suave et tendre. Fruit défendu. Qui prouvait qu’il ne pourrait aller plus loin. Que c’est ici que tout finira. Qu’il ira sans-doute se consoler avec un autre. Tenter d’apaiser ce feu qui brûle en lui. Dernier signe témoignant du peu d’humanité qu’il lui restait.

- … Car avec qui l’homme se consolerait-il d’un déchéance, sinon avec ce qui l’a déchu ?

Ces paroles pouvait paraître cruelles mais elles étaient réalité. C’était lui qui avait « déchu » Edwin. En avait fait une de ces créatures maudites. Un vampire. Pourquoi ? Il ne savait plus très bien, c’était donné des réponses … pour se rassurer. Quelque chose couvait. Il ne dormirait pas ici. Probablement pas. Se laisser torturer était dans ses gênes, mais là, ce serait jusqu’à la mort. Il ne fallait pas. Il se redressa avec regret et enfila une chemise. Personne ne devait les voir, ses cicatrices. Le jour finirait par se lever et il ne pourrait prendre sa part de repos. Et en attendant, il irait … là où il devait dormir et où il abhorrait se rendre. Là où il était réellement vampire, là où il se rendait compte que la malédiction n’aurait pas de fin. Puis il trouverait quelqu’un qui l’aimerait le temps d’une heure. Une heure pour combler ce désir qu’il ne peut assouvir. Mais avant d sortir il rangerait l’arme dangereuse. Pour ne pas s’en servir, avant longtemps. Cette nuit serait interminable, et tout les autres jours qui passeraient, tant que le jeune androgyne n’aura cessé d’hanter ses pensées, tant qu’il n’aura sombré avec lui, tant qu’il n’aura sombré de lui. Tant qu’ils n’auront atteint ce point de non-retour.

Comme un écho dans mon cœur, s’il te plaît, dis-moi qu’un jour, bientôt, tu m’aimeras. Et s’il te plaît, dis-moi que tu voudras te pencher sur moi. Et s’il te plaît, dis-moi que tu aimeras que je me couche sur toi. Laisse-moi être à toi. Laisse-moi être ton Roi.


[END]

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